Bagdad a annoncé mardi la "libération" de Tikrit, mais le groupe Etat islamique tient toujours des positions selon la coalition internationale qui soutient depuis peu l'assaut massif lancé il y a un mois sur cette ville par les forces irakiennes.
La bataille de Tikrit, la plus grande opération lancée par Bagdad contre les jihadistes depuis leur offensive en juin dernier, a mobilisé des milliers de soldats, policiers et miliciens.
Téhéran et Washington se sont également impliqués dans la reconquête de cette capitale provinciale que les jihadistes avaient prise le 11 juin, bien que les deux pays ont maintes fois répétés ne pas collaborer sur le terrain.
Le chef du gouvernement, Haider al-Abadi, "annonce la libération de Tikrit et félicite les forces de sécurité irakiennes et les volontaires pour cette étape majeure", selon un message sur son compte Twitter officiel.
Cette annonce été immédiatement nuancée par le commandant Kim Michelsen, porte-parole de la coalition, affirmant que "certains secteurs (de Tikrit) sont toujours sous le contrôle de (l'EI) et un travail important reste à faire".
"Les forces irakiennes sont parvenues dans le centre-ville, ont levé le drapeau et sont maintenant en train de faire place nette" à Tikrit, a pourtant assuré le porte-parole du chef du gouvernement, Rafid Jabouri.
Les forces gouvernementales, si elles parviennent effectivement à chasser tous les combattants de l'EI hors de Tikrit, auront encore à désamorcer les engins explosifs disséminés par les combattants de l'EI.
La profusion de ce type de piège avait conduit les forces gouvernementales à interrompre l'opération, avant de repartir à l'assaut la semaine dernière, après que M. Abadi a réclamé l'appui aérien de la coalition internationale qui frappe des positions de l'EI en Irak depuis septembre.
Les forces irakiennes ont repris dès la nuit de lundi à mardi le siège du conseil provincial, selon un général de l'armée. Karim al-Nouri, le porte-parole de la milice chiite Badr --impliquée dans les combats-- et le gouverneur de Salaheddine, dont Tikrit est le chef-lieu, ont eux aussi confirmé la reprise du siège.
Ce dernier avait affirmé que les drapeaux irakiens flottaient à nouveau sur plusieurs bâtiments de cette ville à majorité sunnite située à 160 km au nord de Bagdad, et qui fut le bastion de l'ancien dictateur Saddam Hussein.
- Rôle clé des milices -
Aux côtés de l'armée et de la police, sont également mobilisés depuis le 2 mars des paramilitaires alliés aux forces gouvernementales, notamment les volontaires des "Unités de mobilisation populaire", salués par M. Abadi dans son message sur Twitter.
Ces "Unités", composées essentiellement de milices chiites, dont les Brigades Badr, ont joué un rôle crucial pendant les trois premières semaines de l'offensive, avant de se mettre en retrait après le début mercredi des frappes de la coalition antijihadiste.
Plusieurs miliciens avaient reproché à Washington, qui dirige la coalition et a mené l'essentiel des frappes dans ce secteur, de chercher à voler la victoire à Tikrit.
Les Etats-Unis, voyant d'un mauvais ?il le soutien apporté par Téhéran aux milices, avaient pour leur part exigé que soit accordé un plus grand rôle aux forces gouvernementales, avant de lancer leurs frappes. La France a aussi frappé Tikrit ces derniers jours.
Téhéran a notamment fourni de l'artillerie et des conseillers aux miliciens chiites.
Vendredi, Washington a clarifié sa position en affirmant que les milices "menées, infiltrées, ou sous l'influence de l'Iran" avaient été "complètement mises à l'écart du champ de bataille". Tandis que les milices constituées de "patriotes irakiens loyaux envers le ministère irakien de la Défense" restaient mobilisées, selon eux.
Iran et Etats-Unis ont de fait été impliqués dans la bataille, tout en affirmant ne pas collaborer l'un avec l'autre.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en Irak lundi, avait lui insisté sur la nécessité pour Bagdad de mettre "sous contrôle du gouvernement les groupes de volontaires armés combattant en soutien au gouvernement".
"Les civils délivrés de la brutalité de Daech (un acronyme arabe de l'EI) ne devraient pas avoir à craindre leurs libérateurs", a avertit M. Ban.
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