Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu a déjoué tous les pronostics en faisant au moins jeu égal avec le centre gauche mardi aux élections et en semblant disposer d'une marge de man?uvre plus favorable que le travailliste Isaac Herzog pour former le prochain gouvernement.
Le Likoud de M. Netanyahu était crédité de 28 sièges sur les 120 de la Knesset, soit un de plus que la liste Union sioniste de M. Herzog, dans le sondage à la sortie des urnes de la chaîne Channel 2. Les deux listes étaient à égalité avec 27 mandats dans deux autres projections de Channel 1 et Channel 10.
Aussi serrées que soient ces projections, M. Netanyahu, au pouvoir depuis mars 2009, semble mieux placé que M. Herzog pour être appelé par le président Reuven Rivlin à former un gouvernement. Il s'agirait de son troisième mandat consécutif de Premier ministre, le quatrième au total avec celui de 1996 à 1999.
La faculté de M. Herzog à former une coalition paraît soumise à de multiples aléas, et en particulier au bon vouloir de la liste des partis arabes israéliens.
La liste représentant les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948, paraît créer un autre évènement de ces élections législatives en terminant troisième, avec 12 ou 13 sièges, selon les sondages.
Elle est restée très élusive sur son attitude et sur un éventuel soutien à M. Herzog. Mais un tel soutien pourrait faire perdre au chef travailliste d'autres partenaires éventuels.
- A Rivlin de jouer -
Les sondages confirment le rôle de faiseur de roi prédit à Moshé Kahlon, ancien du Likoud, qui ratissait au centre et s'est lui aussi jalousement gardé d'énoncer ses intentions. Dans son offensive de dernière minute pour combler son retard et rallier les déçus et les indécis, M. Netanyahu lui a promis dimanche le portefeuille des Finances.
Une fois que les résultats officiels auront été proclamés, peut-être d'ici à jeudi après-midi, M. Rivlin aura sept jours pour accomplir la tâche capitale de choisir auquel des 120 députés élus confier la formation du gouvernement.
Celui-ci aura 28 jours pour constituer une coalition. Le président peut, si nécessaire, prolonger cette durée de 14 jours. Il avait fallu huit semaines en 2013 avant le vote de confiance au nouveau gouvernement.
Mais, si les sondages sont confirmés, M. Netanyahu a déjà réussi à faire mentir les enquêtes d'opinion qui annonçaient son parti quatre sièges derrière l'Union sioniste.
Ces élections passaient dans une large mesure pour un référendum pour ou contre M. Netanyahu.
C'est M. Netanyahu lui-même qui a provoqué ces élections plus de deux ans avant l'échéance en rompant fin 2014 une coalition gouvernementale trop indisciplinée à son goût.
- Coup de barre à droite -
Il se pensait en position de force face à ses adversaires, à commencer par M. Herzog, un avocat de formation de 54 ans, plusieurs fois ministre, volontiers raillé pour son absence de charisme.
Au cours de la campagne, M. Netanyahu s'est posé en garant de la sécurité d'un pays qui, officiellement, a livré huit guerres depuis sa création en 1948. Avant les élections, ses discours alarmistes, son intervention exceptionnelle devant le Congrès américain sur le nucléaire iranien semblaient ne pas devoir suffire face aux attaques de M. Herzog et de son alliée centriste Tzipi Livni sur le terrain de la cherté de la vie, du prix des logements et des inégalités.
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