Les Israéliens élisaient leurs députés mardi, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu défendant jusqu'au bout bec et ongles son poste contre l'offensive du centre gauche et une volonté de changement largement répandue chez les électeurs.
M. Netanyahu a poursuivi son effort pour rameuter les déçus de la droite et rallier les indécis tentés par le centre, allant jusqu'à annoncer une intervention devant la presse à sa résidence en fin d'après-midi. La commission électorale en a interdit la diffusion en direct par les télévisions, la campagne ayant pris fin lundi.
Sous la pression de sondages défavorables -de la panique disent ses adversaires-, M. Netanyahu, 65 ans, Premier ministre depuis mars 2009, avait donné un sévère coup de barre à droite à la veille du scrutin en enterrant publiquement l'idée d'un Etat palestinien s'il restait Premier ministre.
Jusqu'à 20H00 GMT, 5,88 millions d'électeurs étaient appelés à choisir leurs 120 députés pour quatre ans dans ce qui ressemble à un référendum pour ou contre M. Netanyahu.
C'est à l'un de ces députés que le président Reuven Rivlin confiera la tâche compliquée d'essayer de former une coalition de gouvernement: M. Netanyahu donc, ou bien son principal adversaire, le travailliste Isaac Herzog à la tête d'une liste de centre gauche, ou bien encore un autre en fonction d'une arithmétique délicate.
- Motivations diverses -
Les Israéliens devraient avoir une idée précise de leur 20e Parlement avec les premiers sondages à la sortie des urnes, immédiatement après la fermeture des bureaux de vote. Mais les tractations qui commenceront pour un gouvernement pourraient prendre des jours, voire des semaines.
Poussés par le soleil, les enjeux, l'incertitude du résultat, les Israéliens ont commencé à voter dès les premières heures de cette journée électorale traditionnellement fériée.
Devant les bureaux, ils exposaient la diversité de leurs préoccupations: l'économie, la sécurité, le conflit israélo-palestinien, l'identité juive
Heitner Chaim, juif d'une cinquantaine d'années portant la kippa, vote pour les listes ultra-orthodoxes parce qu'en tant que médecin il est "bien placé pour voir que la pauvreté augmente" parmi les juifs orthodoxes.
Yaacobi Gideon, 60 ans, choisit la liste du nouveau venu, Moshé Kahlon, un ancien du Likoud de M. Netanyahu qui ratisse au centre et à qui tout le monde prédit le rôle de faiseur de roi. "Kahlon, c'est le seul en qui j'ai confiance pour changer les choses dans le domaine économique".
Carmel Lahad accorde son vote à la liste de M. Herzog parce que "nous voulons un changement complet ce soir".
Les Arabes israéliens (20% de la population), descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948, ont paru répondre en nombre aux appels à la mobilisation, avec un objectif primordial: se débarrasser de M. Netanyahu.
- Le gouvernement "en danger" -
"C'est la première fois que je vois autant de monde", déclarait Ehab Hamam, 37 ans, devant un bureau de vote de la ville mixte (juive et arabe) de Haïfa, où une cinquantaine d'électeurs attendaient leur tour.
Les partis arabes israéliens pourraient devenir la troisième force à la Knesset derrière les listes de MM. Herzog et Netanyahu.
"Le gouvernement de droite est en danger. Les électeurs arabes se rendent en masse aux urnes", convoyés en bus par des organisations de gauche, s'est alarmé M. Netanyahu sur sa page Facebook.
C'est M. Netanyahu lui-même qui a provoqué ces élections plus de deux ans avant l'échéance en rompant fin 2014 une coalition gouvernementale trop indisciplinée à son goût.
Il se pensait en position de force face à ses adversaires, à commencer par M. Herzog, un avocat de formation de 54 ans, plusieurs fois ministre, volontiers raillé pour son absence de charisme.
Durant la campagne, M. Netanyahu s'est posé en garant de la sécurité d'un pays qui, officiellement, a livré huit guerres depuis sa création en 1948. M. Herzog et son alliée centriste Tzipi Livni l'ont attaqué de préférence sur le terrain de la cherté de la vie, du prix des logements et des inégalités.
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