"Dès à présent et dans l?intérêt des patients, les laboratoires Servier sont prêts à participer à la mise en oeuvre d?un fonds d?indemnisation" des victimes du Mediator, déclare le groupe dans un court communiqué, qui ne mentionne même pas le nom du médicament accusé d'avoir causé des centaines de décès en France en une trentaine d'années.
"Le fonctionnement de ce fonds se fera dans le cadre de la législation en vigueur et selon des modalités permettant une indemnisation rapide et juste", poursuit Servier.
Mais le groupe prévient : "les laboratoires Servier entendent par ailleurs confirmer que cette position ne remet pas en cause la défense de leurs droits dans le cadre des procédures pénales et civiles en cours ou à venir".
"On a l'impression d'avancer d'un pas avec ce communiqué, mais si on y regarde de près, c'est extrêmement ambigu et faussement prometteur. J'attends de voir avant de saluer une déclaration aussi ambiguë, pour ne pas dire incohérente", a déclaré à l'AFP Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir.
"Je note que les laboratoires Servier se disent prêts à participer à la mise en oeuvre - et non au financement - d'un fonds d'indemnisation" et qu'en même temps, Servier souligne qu'il ne remet pas en cause la défense de ses droits dans le cadre des procédures pénales et civiles, souligne M. Bazot.
Même écho, ou presque à l'Association française des diabétiques, dont le président Gérard Raymond se dit "satisfait" mais "vigilant". "On ne peut être que satisfaits de cette déclaration d'intention, mais on va attendre, derrière l'intention, le montant. En outre, cela ne le dédouane en aucune manière des poursuites judiciaires au pénal ou au civil".
Cette annonce marque toutefois une nouvelle étape dans la communication du groupe habituellement extrêmement discret, à l'image de son président et fondateur Jacques Servier, et qui est sous les projecteurs de l'actualité depuis plusieurs semaines déjà.
La mise en cause du Mediator et l'évaluation du nombre de décès qui lui sont imputés - 500 à 2.000 - a entraîné des réactions maladroites du groupe, qui a dans un premier temps tenté de dédouaner son traitement.
"On a senti depuis quelque temps que leur communication commençait à devenir plus raisonnable", reconnaît toutefois M. Raymond.
Les principales associations de défense des victimes du Mediator et l'UFC-Que Choisir ont réclamé mardi dernier la mise en place d?un fonds d?indemnisation des victimes et demandé que Servier contribue à son financement.
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a, de son côté, indiqué mercredi avoir proposé aux associations de patients "l'utilisation d'un fonds existant, géré par exemple par l'Oniam (Office national d'indemnisation des accidents médicaux et des affections iatrogènes), qui permettrait d'accélérer, d'anticiper l'indemnisation".
"Si vous mettez en place un fonds spécifique, il ne se passe rien pour les victimes concernées avant plusieurs mois", avait alors expliqué le ministre.
Commercialisé en France de 1975 à 2009, le Mediator, un médicament pour diabétiques en surpoids largement détourné comme coupe-faim, est accusé d'avoir causé plusieurs centaines de décès en France.
AFP.
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