Travailleurs indépendants, commerçants et artisans : 7.000 personnes manifestaient lundi après-midi à Paris pour protester contre les dysfonctionnements graves de leur régime de protection sociale (RSI) et contre les hausses de charges, selon la police.
"RSI, mafia, Etat, même combat", affichaient-ils sur une banderole. "Ils vont tuer nos emplois", prévenait un autre slogan dans le cortège parti du jardin du Luxembourg qui borde le Sénat.
La manifestation n'était pas soutenue par les organisations patronales telles que l'UPA (artisans et commerçants de proximité) et la CGPME.
Certains manifestants détournaient l'appellation des très petites entreprises (TPE) par "TPE = travailleur précaire endetté" ou le sigle RSI par "Racket sans interruption" ou "Racket social des indépendants". Le cortège devait se rendre à l'Assemblée nationale.
Les protestataires répondaient à l'appel de l'organisation Sauvons nos entreprises, et d'une vingtaine d'autres parmi lesquelles les Citrons pressés, les Pendus, les Bonnets rouges et les Buralistes en colère, affirme Pascal Geay, président de Sauvons nos entreprises qui se dit à l'origine de l'initiative.
"Nous demandons un moratoire du RSI", a indiqué M. Geay, disant vouloir laisser un mois jusqu'au 9 avril avant d'occuper des centres du RSI si aucune mesure n'est prise.
Les manifestants protestent contre "les dysfonctionnements notoires du RSI depuis plusieurs années et les charges qui augmentent de façon exponentielle", avait de son côté déclaré Karine Lhéritier, restauratrice dans la Drôme.
Erreurs dans les appels de cotisations, dossiers perdus ou encore interventions d'huissiers sur de fausses données, absence d'appels de cotisations pendant plusieurs années conduisant à des poursuites sans motif ou de mauvaises surprises au moment de la retraite: le Régime social des indépendants (RSI) créé en 2006 a entravé et mis en péril l'activité de bien des entrepreneurs de France.
Dont la commerçante Pascale Sebastian, 47 ans, venue de Niort (Deux-Sèvres): "Je ne peux plus me verser de salaire. Je n'ai plus de salarié. Je ne fais que payer les charges".
La commerçante, qui employait deux personnes dans sa boutique de vêtements et se rémunérait 8.000 euros par an, a licencié sa dernière salariée il y a un an. "J'ai mis toutes mes économies personnelles et je risque de tout perdre", confie-t-elle à l'AFP.
Muni de sa pancarte "RSI, arrêtez le massacre", Pascal Poulain, entrepreneur dans le bâtiment depuis 20 ans, déplore qu"'ils sont toujours en train de réclamer des cotisations que mêmes nos comptables ne peuvent justifier" alors qu'"on travaille de plus en plus" et que "le RSI prend 40% du chiffre d'affaires". Et "lorsqu'on demande des comptes, ils sont incapables de dire ce qu'on leur doit", fait valoir cet entrepreneur âgé de 52 ans, installé dans l'Aisne, qui travaille depuis deux ans uniquement avec son fils après avoir eu sept salariés.
Les commerçants ont été appelés à apposer des affichettes de soutien sur les vitrines des commerces. Agglutinés devant un salon de coiffure, de nombreux coiffeurs alertaient sur les difficultés d'une "coiffure en danger", munis de panneaux de danger de mort.
La situation du régime social des indépendants (RSI) est "normalisée" et les réclamations se font plus rares, avaient affirmé le 25 février les dirigeants de cet organisme décrié pour ses dysfonctionnements.
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