Le jeune parti anti-euro allemand Alternative für Deutschland (AfD) a fait son entrée au parlement régional de Hambourg (nord) dimanche, une première dans un Land de l'Ouest, selon une première projection diffusée par la télévision publique.
Avec environ 47% des voix lors d'un scrutin local, le parti social-démocrate (SPD) au pouvoir a été largement reconduit dans cette grande cité portuaire (deuxième ville du pays avec 1,8 million d'habitants), l'un de ses bastions historiques, même s'il perd sa majorité absolue et devra gouverner avec les Verts (près de 12%). Les conservateurs (CDU) de la chancelière Angela Merkel ont au contraire subi une défaite historique avec seulement 16% des voix (en baisse de 6 points par rapport à 2011), leur plus faible score à Hambourg depuis la guerre.
L'AfD, qui milite pour la dissolution de la monnaie unique européenne et tient une ligne dure sur l'immigration, était crédité de 5,5% des voix dans cette ville-Etat, selon la chaîne ZDF. Le parti créé il y a seulement deux ans, dans le sillage de la crise de l'euro, confirme son ascension rapide et son ancrage dans le paysage politique allemand, après être entré l'an dernier dans trois parlements régionaux de l'est du pays (Brandebourg, Thuringe et Saxe).
"Nous sommes très heureux de ce résultat, car c'est la quatrième fois que nous entrons dans un parlement régional", s'est réjoui le président du parti, Bernd Lucke, un ancien professeur d'économie à l'université de hambourg.
Le parti créé il y a seulement deux ans surfe sur le mécontentement de contribuables allemands persuadés d'être les vaches à lait de l'Europe, condamnées à payer pour les pays du Sud en crise.
Souvent qualifié de populiste, l'AfD a endossé des positions très conservatrices en matière de famille ou d'immigration. Certains élus ont plaidé pour un rapprochement avec le mouvement islamophobe Pegida, qui a mobilisé pendant des semaines des milliers de manifestants chaque lundi à Dresde (Saxe) avant de décliner.
La percée de l'AfD a contribué à la faiblesse de la CDU à Hambourg, plombé par la faible aura de son candidat local face au maire sortant social-démocrate, Olaf Scholz, qui jouit d'une excellente réputation.
Au niveau national, les conservateurs de la chancelière Angela Merkel sont toujours au sommet dans les sondages (crédités de plus de 40% des intentions de vote).
"Olaf Scholz a fait beaucoup de choses bien. Quand la personne au pouvoir jouit d'une réputation tellement élevée, c'est difficile pour les opposants. C'est ce que montre la CDU au niveau national avec Angela Merkel a sa tête", a estimé un responsable des conservateurs, Michael Grosse-Brömer.
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