Près de quatre ans après le meurtre sanglant de la joggeuse Patricia Bouchon, à Bouloc près de Toulouse en février 2011, un suspect "psychotique" a été mis en examen lundi et écroué.
Déjà gardé à vue à deux reprises en 2014, cet homme de 34 ans a été mis en examen pour "homicide volontaire" et placé en détention provisoire, a indiqué lors d'une conférence de presse le procureur de la République à Toulouse, Pierre-Yves Couilleau.
L'homme a été interpellé lundi matin, et déféré immédiatement au parquet car ses précédentes gardes à vue épuisaient pratiquement le maximum légal de 48 heures. Le procureur n'a pas précisé les éléments nouveaux qui ont conduit à l'arrestation parlant simplement d'accumulation "d'indices graves et concordants".
Cette mise en examen est la première dans cette affaire.
Le corps de la joggeuse avait été retrouvé un mois et demi après sa disparition, les vertèbres et le crâne enfoncés, un gant en latex enfoncé dans sa gorge. Son meurtrier avait aussi essayé de l'étrangler, mais aucun abus sexuel n'a pu être mis en évidence.
Le procureur a insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de trace ADN exploitable et que le suspect a "toujours nié les faits".
Une expertise psychiatrique a été demandée, a précisé M. Couilleau, soulignant que l'homme a déjà subi des hospitalisations d'office et des "traitements très lourds". "Il est présenté comme psychotique", a-t-il dit.
Cet ancien plaquiste avait demandé un arrêt de travail d'un mois, dix jours après le meurtre, pour suivre des soins psychiatriques. Il a démissionné après son arrêt de travail et n'a jamais repris son métier.
Cet homme était "à l'époque un oiseau de nuit privé de sommeil". Il était adepte des "paradis artificiels, alcool et toxiques divers", a dit le magistrat.
"Le juge estime qu'il existe des indices graves et concordants, mais en l'état de l'instruction, cela ne justifie pas un renvoi aux assises et constitue encore moins une preuve de culpabilité", selon M. Couilleau.
- Indices 'concordants' -
Parmi les indices "concordants" figure notamment le fait que le suspect avait été reconnu par un témoin sur portrait-robot en 2013.
Le témoin, un automobiliste, avait croisé Patricia faisant son jogging puis, 300 m plus loin, il s'était retrouvé face à une Clio claire immobilisée tous feux éteints, a dit le procureur. Le témoin avait alors vu le conducteur de la Clio dans ses phares et ce dernier avait démarré en trombe, toujours sans lumière.
Le suspect a toujours nié avoir eu une Renault Clio claire, alors que "19 personnes de son entourage l'associent à cette voiture, qui n'a jamais pu être retrouvée", a indiqué le procureur.
Lors de ces précédentes gardes à vue en janvier et juin 2014, les enquêteurs avaient été intrigués par ses propos : "J'ai fait mon deuil pour Patricia Bouchon. Je n'y pense plus", avait-il notamment dit, avant d'embrasser la photo de la victime. "Je n'ai aucun remords dans cette affaire. Je la connaissais à peine", avait-il ajouté.
Il n'a jamais fourni d'alibi.
Des témoins ont par ailleurs indiqué qu'il était capable d'explosions de violence compatibles avec le déchaînement de coups portés à la victime.
Patricia Bouchon, 49 ans, secrétaire dans un cabinet d'avocats toulousains et mère de famille, était partie vers 04H30, comme chaque matin, faire son jogging autour de Bouloc, à 25 km au nord de Toulouse.
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