François Hollande a clamé son intention de "prolonger l'esprit de janvier", un mois après les attentats de Paris, d'éviter la guerre en Ukraine, avec l'annonce d'une visite surprise dès jeudi à Kiev avec Angela Merkel, et de trouver une solution au problème de la dette grecque.
Après les attentats de janvier, qui ont "profondément marqué la France et qui sont désormais inscrits dans notre mémoire nationale", "la France a su réagir avec dignité et fierté. Là ou les terroristes voulaient la mettre à genoux, elle a fait face. Là où les fanatiques voulaient semer la peur, elle a fait masse. Là où les extrémistes voulaient la diviser, elle a fait bloc", a déclaré le chef de l'Etat français lors de son propos liminaire de seize minutes, dans la grande salle des fêtes de l'Elysée, à l'occasion de sa cinquième conférence de presse semestrielle.
"L'esprit du mois de janvier 2015, c'est l'unité de la République. Cette exigence, ce message n'efface pas les différences, les sensibilités, les clivages, mais les dépasse dans une force qui va à l'essentiel: assurer la cohésion du pays pour le faire avancer, pour le faire réussir () Cet esprit-là, je dois le prolonger", a poursuivi M. Hollande, en net regain de popularité depuis décembre.
Mais ce sont les dossiers internationaux qui ont occupé l'essentiel du début de cette conférence de presse.
Désireux d'"éviter la guerre en Ukraine", M. Hollande a annoncé qu'il se rendrait à Kiev dès jeudi après-midi avec la chancelière allemande Angela Merkel pour présenter une "nouvelle proposition de règlement" du conflit russo-ukrainien. Ils se rendront vendredi à Moscou pour s'entretenir avec Vladimir Poutine.
L'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment, a prévenu le chef de l'Etat.
- "L'austérité ne peut pas être une ligne d'horizon" -
Au sujet de la Grèce, "le rôle de la France est de trouver une solution, de contribuer à un accord mais dans le respect: respect du vote des Grecs et respect des règles européennes et des engagements". Car "l'austérité qui lui a été imposée a suscité un rejet. Mais pas un rejet de l'euro, pas un rejet de l'Europe", a-t-il dit.
L'austérité, a-t-il insisté, "ne peut pas être une ligne d'horizon" pour les peuples européens, a insisté le chef de l'Etat, qui a incité le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras, élu sur un programme anti-austérité, à se rendre à Berlin pour aller voir Angela Merkel qui "le recevra".
Il a entre outre estimé que la décision mercredi soir de la Banque centrale européenne (BCE) de priver les banques grecques d'une partie de ses financements renvoyait "sur les Etats, sur les gouvernements, les responsabilités". "Et c'est bien légitime", a déclaré François Hollande.
Au plan économique, "le pacte de responsabilité est en application depuis le 1er janvier. Le projet de loi présenté par le ministre de l'Economie est en discussion au Parlement. Nous devons aller plus loin encore", a-t-il dit, évoquant "des réformes qui devront concerner l'emploi des jeunes, l'insertion des chômeurs de longue durée, améliorer les performances de nos entreprises, faciliter le financement de notre économie".
- Renforcer la cohésion de la société française -
Par ailleurs, après avoir réaffirmé "la plus grande fermeté dans le respect du droit" dans la lutte contre le terrorisme, le président de la République a distillé quelques annonces visant à renforcer la "cohésion" de la société française, parmi lesquelles de nouveaux moyens pour lutter contre le décrochage scolaire, pour la formation des enseignants, la revalorisation des lycées professionnels.
Il a annoncé la création d'un "contrat civique" avec un "service universel pour les jeunes" et la création d'une "réserve citoyenne pour tous les Français".
Après la sortie du Premier ministre Manuel Valls sur l'"apartheid territorial, social, ethnique" qui minerait les banlieues françaises, M. Hollande a également annoncé la création d'une "agence nationale de développement économique sur les territoires".
Ce cinquième grand oral du quinquennat a quelque peu innové sur la forme avec un horaire plus matinal, un propos liminaire plus resserré et, pour la première fois, des questions réparties en deux parties, la première consacrée aux questions internationales, souvent réduites à portion congrues dans ce genre d'exercice.
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