Auteur de nombreux best-sellers, Michel Bussi naît à Louviers, grandit à Pont de l’Arche, étudie à Elbeuf puis à Rouen et habite aujourd’hui Darnétal. Maître de conférences et professeur à l’université de Mont-Saint-Aignan, il y enseigne la géographie.
Pourquoi choisir de placer l’intrigue de ce polar à Rouen?
« C’est la dimension portuaire qui rend Rouen propice au polar. Son centre médiéval n’est pas directement associé à l’univers du roman policier, mais ce qui m’interpelle c’est cette dualité : d’une part une ville médiévale aux rues pavées et étroites et d’autre part une ville industrielle et ouvrière. L’identité de la ville est originale car elle est double.Rouen, c’est aussi le berceau du polar normand puisque Maurice Leblanc, l’auteur d’Arsène Lupin, y est né, même si peu d’aventures d’Arsène Lupin se passent à Rouen, l’auteur privilégiant le pays de Caux ».
A travers vos livres, quelle image donnez-vous de Rouen ?
« Mes livres sont des chasses au trésor. Il y a une dimension plus ludique que sociale dans mes polars. Mourir sur seine est le roman rouennais par excellence. On parcourt le dédale des rues du centre historique et les quais de Seine. Mourir sur Seine se passe pendant l’Armada, une manifestation unique sur le territoire et un temps fort pour la ville. J’aime lorsque les lieux se métamorphosent pendant ces grands rassemblements populaires, mais je pourrai tout aussi bien évoquer en toile de fond des grands évènements sociaux comme les fermetures d’usine. »
Quel attrait exerce sur vous la Seine ?
« Je souhaite valoriser son histoire et rappeler des légendes oubliées telles que la piraterie en Seine. La Seine est un couloir de Paris à la mer et son histoire est toujours méconnue. C’est tout un imaginaire à exploiter. Le fleuve est fascinant car, comme Rouen, il a deux visages. La Basse-Seine est riche de lieux historiques et naturels mais c’est aussi un espace très fortement industrialisé. C’est une source de légende mais elle renvoie également à une réalité économique avec ses ports très importants au niveau national ».
Y a-t-il d’autres lieux à Rouen susceptibles d’attiser votre imagination ?
«J’ai encore le projet de parler de Rouen, mais plus que les lieux ce sont les évènements liés à son histoire qui m’intéressent tels que la manifestation de 1995 qui avait plongé la fac dans le chaos : des grands rassemblements et des histoires récentes qui finalement ont été oubliés. J’aime détourner les lieux, les nouveaux eco-quartiers tels que Luciline ou Flaubert pourraient m’inspirer. J’aimerais également valoriser des lieux qui sont assez peu exploités comme les banlieues, les faubourgs, les anciennes communes industrielles de la vallée du Cailly : des lieux où le passé industriel reste visible et où règne une réelle mixité sociale. »
Michel Bussi, Mourir sur Seine, éditions des Falaises, 18,3€, www.editionsdesfalaises.fr
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