Le président américain Barack Obama a promis dimanche "d'accroître la pression sur la Russie" au lendemain de bombardements sur le port ukrainien de Marioupol attribués aux séparatistes prorusses qui ont tué trente civils.
Les bombardements au lance-roquettes multiples Grad contre un quartier habité de Marioupol et l'offensive annoncée par les rebelles contre la dernière grande ville de l'Est de l'Ukraine sous contrôle de Kiev risquent de créer un nouveau front dans ce conflit de neuf mois, qui a fait plus de 5.000 morts.
La conquête de cette ville créerait un couloir terrestre entre la Russie et la péninsule ukrainienne de la Crimée, annexée en mars mais très dépendante de l'Ukraine pour ses approvisionnements en eau et en électricité.
Le président Obama, joignant sa voix au tollé occidental provoqué par l'attaque ayant tué 30 civils et blessé une centaine, a promis "d'accroître la pression sur la Russie" en lien avec les autres diplomaties occidentales, assurant regarder toutes les options "hormis la confrontation militaire".
Pour la première réaction de Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé dimanche que ces nouvelles violences avaient été provoquées par des attaques "permanentes" de l'armée ukrainienne contre des "localités peuplées".
Le président ukrainien Petro Porochenko a pour sa part assuré, en ouvrant une réunion extraordinaire de son Conseil de sécurité nationale et de défense, qu'il n'y avait "pas d'alternative aux accords de paix signés avec les séparatistes prorusses" et avec la participation de la Russie et de l'OSCE en septembre.
- 'On ne s'attendait pas à ça' -
Les drapeaux étaient en berne dimanche dans toute l'Ukraine, où le président Porochenko a décrété une journée de deuil national.
A Marioupol, ville industrielle d'un demi-million d'habitants, les habitants interrogés par l'AFP étaient sous le choc, même si la vie a repris son cours habituel.
Sur les lieux du bombardement, gardés par des soldats, des habitants venaient encore dimanche regarder les dommages.
La voiture de Ioulia Kouzmina, 27 ans, qui résidait dans le fief rebelle de Donetsk mais avait déménagé à Marioupol pour "être au calme", a été détruite par des éclats, qui ont également touché son appartement.
"J'étais à la maison, j'ai couru vers l'escalier pour descendre. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais été blessée ou tuée par des éclats", raconte-t-elle à l'AFP.
"On ne s'attendait pas à ça. C'est maintenant dangereux ici mais on ne peut pas partir car on n'a pas de laissez-passer", confie-t-elle.
"Je suis sous le choc. Où qu'on soit, les Grad peuvent nous atteindre", soupire une autre résidente de Marioupol, Zoïa Doubranskaïa.
- Dangereuse escalade -
Les dirigeants occidentaux ont dénoncé une "dangereuse escalade" du conflit dans l'Est de l'Ukraine et appelé la Russie à cesser de soutenir la rébellion, ce que Moscou dément fermement.
"L'apaisement encourage l'agresseur à davantage d'actes de violences", a écrit le président du Conseil européen Donald Tusk dans un tweet.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousA lire aussi
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.