Les craintes des syndicats se sont avérées fondées: Air France a annoncé jeudi aux représentants du personnel que la compagnie aérienne, en difficulté économique, allait lancer un nouveau plan de départs volontaires visant 800 personnes.
Dans le détail, le groupe Air France vise le départ de 500 salariés parmi le personnel au sol et celui de 300 hôtesses de l'air et stewards (personnels navigants commerciaux), ont précisé à l'AFP plusieurs sources syndicales.
Contactée, l'entreprise n'a pas voulu faire de commentaire dans l'immédiat. Elle devrait cependant communiquer à l'issue du Comité central d'entreprise, qui a débuté dans la matinée à Roissy.
Chaque année, environ 1.000 départs à la retraite ne sont pas remplacés dans le groupe Air France (Air France, Hop!, Transavia France), qui employait environ 65.000 salariés fin 2013.
Le nouveau plan de départs volontaires (PDV) "sera mis en place vraisemblablement en 2015 en complément de la fin du troisième PDV, qui est en cours et se termine fin mars", indique un délégué syndical de l'Unsa, dénonçant "un plan de départs volontaires quasiment permanent" au sein d'Air France.
"Cela nous avait été plus ou moins présenté dans le cadre de la Gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences fin décembre", ajoute-t-il. La Gpec est chargée d'évaluer les métiers en surreffectif et les nouveaux besoins en personnels.
Le calendrier du plan de départs volontaires devrait être précisé lors de la prochaine séance du Comité central d'entreprise, programmée le 5 février, deux semaines avant la publication des résultats annuels d'Air France-KLM.
Un vent de panique avait soufflé mi-janvier sur Air France après un article du Figaro faisant état de 5.000 suppressions de postes, poussant la direction à apporter un timide démenti.
"Rien n'est encore décidé s'agissant d'un éventuel nouveau plan de départs volontaires", avait indiqué un porte-parole, jugeant "parfaitement prématuré de l'évoquer, tant sur le principe que sur son éventuelle ampleur".
- 'Radeau de la méduse' -
Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM, deuxième compagnie européenne derrière l'allemande Lufthansa, a prévenu le 18 décembre dernier que ses résultats seraient inférieurs aux prévisions initiales. Il s'agissait du troisième avertissement sur résultats de l'exercice, plombé par le coût de la grève de ses pilotes français en septembre et une conjoncture morose.
Dès le mois de mai, le patron d'Air France, Frédéric Gagey, avait laissé entendre que de nouvelles pertes pourraient entraîner de nouvelles suppressions d'emplois.
"L'objectif reste un retour à l'équilibre opérationnel cette année (2014). Si on était en perte, on serait plus dos au mur, ce qui changerait les termes du dialogue social", avait-il confié à des journalistes lors d'un déplacement à Shanghai.
Engagée dans une politique de réduction des coûts, Air France a supprimé près de 8.000 emplois depuis 2012 et le lancement du plan de restructuration "Transform 2015".
"La direction est plus forte à proposer ce type de mesure qu'une stratégie de croissance", grince le syndicaliste de l'Unsa.
Elle ressemble "au radeau de la méduse, la seule bouée de sauvetage étant encore une fois la réduction des effectifs", ironise-t-il.
Cependant, la compagnie n'a jusqu'à présent jamais recouru à un plan social.
Air France-KLM peine à retrouver des marges de croissance, malgré des efforts constants pour réduire ses coûts, une obsession depuis le lancement de "Transform 2015".
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