- Le rassemblement auquel on vient d'assister est-il historique en France ?
Il l’est assurément. Il n’est pas sans rappeler par son ampleur la descente des Champs-Elysées par le Général de Gaulle lors de la Libération de Paris. Néanmoins c’est sans doute avec la fête de la Fédération (14 juillet 1790) que la comparaison est la plus juste quant à l’esprit. On y célébra la Nation, la Loi, l’union du peuple français et de son Roi, ainsi que la Fraternité. C’est d’ailleurs cette date – et non l’anniversaire de la prise de la Bastille - que la Troisième République choisit pour instaurer la Fête Nationale.
- Le temps de l'émotion passée, quelle période s'ouvre à nous ? L'émotion n'a pas été souvent suivie d'effet, qu'en sera-t-il cette fois-ci ?
Le consensus affiché peut se fragiliser lorsqu’il va falloir entrer dans le détail de l’analyse tant pour ce qui a conduit à ces événements que pour les solutions préconisées, notamment à propos de l’éducation, des prisons et des mosquées… ainsi que pour la diplomatie, le renseignement et la défense.
- La France entre-t-elle dans une nouvelle ère historique ?
C’est toujours difficile à dire. Nous manquons de recul. Nous avons bien évidemment changé d’époque. Mais quelle sera la césure avec la période précédente ? La chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989), les attentats d’Al-Qaida aux USA (11 septembre 2001), les attentats en France (7 janvier 2015) à l’heure des réseaux sociaux et « Marche Républicaine » (10-11 janvier 2015) ?
- Les attentats ont été essentiellement analysés au travers du prisme religieux. La division intercommunautaire s’est-elle accentuée ou au contraire a-t-elle régressée lors de cette tragédie ?
L’espérance existe parmi les responsables. L’embrassade de l’imam de Drancy avec le Grand Rabbin à la Synagogue de la rue de la Victoire (Paris) dimanche soir lors de la cérémonie d’hommage aux victimes reste une image forte, de même que le dialogue de soutien entre Latifa Ibn Ziaten, mère d'une des victimes de Mohamed Merah, et le Rabbin d’une école juive de Tunisie, Batou Hattab, père de Yoav Hattab, tué dans l’HyperCasher.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que des jeunes de certains collèges ou lycées ont refusé de s’associer à la minute de silence en l’honneur des victimes. La non-condamnation des actions djihadistes, voire leur apologie, sur les réseaux sociaux montrent qu’un indispensable travail d’éducation est à mener par les familles et l’école pour défendre les valeurs de la République.
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