Les deux frères, dont un jihadiste connu des services antiterroristes, suspectés d'être les auteurs de la tuerie à Charlie Hebdo, ont été localisés jeudi matin au nord-est de Paris, alors que le pays se figeait dans un hommage national aux victimes.
Au lendemain du pire attentat en France depuis plus de 50 ans, la tension a été aggravée par une fusillade en banlieue sud de Paris, sans lien apparent avec l'attaque, dans laquelle une policière municipale a été tuée, alors que des lieux de culte musulmans ont été visés, sans faire de victimes, mercredi soir au Mans et à Port-la-Nouvelle (Aude).
Les deux suspects sont Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans, nés à Paris et de nationalité française.
Ils ont été repérés jeudi matin par le gérant d'une station-essence à proximité de Villers-Cotterêt (Aisne), qui a "formellement reconnu" les deux hommes, "cagoulés, avec kalachnikov et lance-roquettes apparentes".
Chérif Kouachi avait été condamné en 2008 pour participation à une filière d'envoi de combattants en Irak. Mais il avait purgé sa peine et aucun élément ne présageait d'un passage à l'acte imminent, a assuré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. "Il n'y a pas de risque zéro" face au risque d'attentat, a renchéri Manuel Valls.
Douze personnes, dont les dessinateurs emblématiques Cabu et Wolinski, ont été tuées dans une attaque à la kalachnikov, du jamais vu en plein c?ur de Paris, contre le journal satirique, objet de menaces constantes depuis la publication de caricatures de Mahomet fin 2011.
- La France figée -
L'attentat, qui a également fait onze blessés dont quatre graves, a soulevé une vague d'émotion dans le pays, qui s'est figé à midi pour une minute de silence en hommage aux victimes pour un deuil national. Des milliers de gens, portant souvent des feuilles marquées du #JeSuisCharlie qui a envahi les réseaux sociaux se sont immobilisés dans les rues et places du pays.
François Hollande, qui avait estimé mercredi soir que "c'est la République toute entière qui a été agressée", a participé à cet hommage à la préfecture de police de Paris. Deux policiers ont été tués dans l'attaque mercredi.
Une grande "marche républicaine" est prévue dimanche, à laquelle la plupart des grandes fédérations musulmanes ont appelé à participer. L'UMP pourrait également s'y joindre "si les conditions sont réunies", a déclaré son président, Nicolas Sarkozy, après avoir été reçu à l'Elysée par François Hollande.
Les enquêteurs sont notamment remontés aux suspects par des analyses génétiques et une carte d'identité retrouvée dans une voiture abandonnée par les fuyards dans leur fuite après l'attaque, selon une source proche du dossier. Un troisième homme recherché, Mourad Hamyd, beau-frère de Chérif Kouachi âgé de 18 ans, s'est rendu dans la soirée, au commissariat de Charleville-Mézières (Ardennes).
Au total, sept personnes "dans l'entourage" des frères Kouachi ont été placées en garde à vue, et des opérations de "perquisitions et de vérifications" ont été menées à Reims, Charleville-Mézières ou encore Pantin et Gennevilliers en région parisienne.
Outre les attaques de lieux de cultes, le climat a été encore alourdi par une fusillade dans laquelle une policière municipale a été tuée tôt jeudi à Montrouge, dans la banlieue sud de Paris. L'auteur présumé était en fuite et un important dispositif policier déployé.
Témoignant du choc, de nombreux quotidiens se sont couverts de noir jeudi. "Nous sommes tous Charlie", clament Libération et Le Figaro, une référence au cri de ralliement dans les manifestations ou sur internet: "Je suis Charlie".
Parmi les victimes figurent Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, des historiques de "Charlie" connus pour leurs dessins irrévérencieux, ainsi que le chroniqueur économique Bernard Maris.
- "Charlie" va ressortir -
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