Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi à Paris et dans plusieurs villes de France en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, qui a fait au moins 12 morts, ont constaté des journalistes de l'AFP.
A l'appel de plusieurs syndicats, associations, médias et partis politiques, plusieurs milliers de participants, de tout âge, se sont réunis à partir de 17H00 à Paris, sur la place de la République, noire de monde, non loin du siège du journal satyrique. Les gens peinaient à accéder à la place, provoquant des mouvements de foule et la circulation était coupée, a constaté un journaliste.
Dans la foule compacte, beaucoup arboraient un autocollant noir ou une pancarte "Je suis Charlie", un slogan de solidarité envers les victimes qui circule également sur Twitter. Certains se recueillaient, une bougie à la main. D'autres exhibaient des crayons, symbole de la liberté de la presse. Au début silencieux, les manifestants ont ensuite applaudi et crié "Charlie, Charlie".
Parmi les pancartes, on pouvait voir "Charb mort libre". Le dessinateur Charb figure parmi les victimes de la tuerie, tout comme Cabu, Tignous et Wolinski, autres figures emblématiques du journal.
D'autres pancartes proclamaient "Liberté d'expression, non à la connerie", "Balles tragiques à Charlie" ou encore "Des fusils contre des stylos".
Certains participants disaient ne pas être des lecteurs réguliers du journal, mais jugeaient important de manifester pour la liberté d'expression.
"Les religions c'est de la merde. Charlie, c'est le droit de penser ça. Tant de gens reculent devant une morale à la con", explique une manifestante, Béatrice Cano, la cinquantaine, le dernier numéro du journal à la main. "C'est dramatique que ces gens soient assassinés. Demain les gens ne pourront plus parler. Nous devons être des milliers à sortir dans la rue", demande-t-elle.
De nombreux politiques ont participé au rassemblement, dont le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon ou encore Jean-Louis Borloo. La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé son intention de faire de Charlie Hebdo un "citoyen d?honneur" de la ville.
Un professeur d'histoire-géographie de Montmorency (Val-d'Oise) tenait une pancarte "La liberté de la presse n'a pas de prix". "Si c'était des militants d'extrême gauche qui avaient attaqué Minute, je serais venu. Je serais venu un peu moins vite, mais je serais venu", explique-t-il.
Ils étaient également plus de 10.000 à Lyon à scander "Charlie", et 10.000 à Toulouse, ville de Bernard Maris, économiste de gauche tué dans l'attentat. Sous les fenêtres de l'hôtel de ville, Patrick et son fils Eliott distribuaient des copies d'un tract "Je suis Charlie". "J'ai pleuré tout l'après-midi à mon bureau", admet le père, architecte de 50 ans. "Cabu, c'était comme un petit papa à moi. Nos enfants, on leur lègue ce monde qui est dur, j'ai mal, j'ai honte".
5.000 personnes étaient réunies à Grenoble, entre 13.000 à 15.000 à Rennes, 2.500 personnes à Metz, et plusieurs milliers à Marseille, où Didier, qui tient un magasin de souvenirs avait "baissé le rideau. Tous ces gens-là, comme Cabu, m?ont donné envie de voir les choses autrement, j'aimerais que Charlie vive".
A Nantes, environ 5.000 personnes ont afflué au c?ur de la ville, en présence de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ils étaient aussi plus de 2.000 à Dijon, et plusieurs centaines à Besançon. "Je les connaissais tous, Tignous était un ami personnel, c'est lui qui m'a fait rentrer dans le métier", a confié à l'AFP le dessinateur bisontin Bauer, très ému.
Des rassemblements ont également eu lieu à Nancy, Montpellier, Nice, Strasbourg, Angoulême, Bordeaux, Limoges, Poitiers ou encore Agen.
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