Paris frappée par le terrorisme: deux hommes lourdement armés ont attaqué mercredi le journal satirique Charlie Hebdo, aux cris de "Allah akbar", tuant douze personnes dont les dessinateurs Cabu et Wolinski, dans la plus meurtrière attaque en France depuis plus d'un demi-siècle.
Les agresseurs sont en fuite, selon des sources policières.
"La France est aujourd'hui devant un choc", le choc "d'un attentat terroriste", a déclaré François Hollande, qui s'adressera au pays à 20H00 depuis l'Elysée et s'est rendu auprès des rescapés pris en charge à l'Hôtel-Dieu.
Charb, Wolinski, Cabu et Tignous, figures historiques de "Charlie", connus pour leurs dessins irrévérencieux, provocateurs, figurent parmi les morts, selon une source judiciaire. L'économiste et chroniqueur Bernard Maris aussi, a confirmé Radio France.
"Ils sont tous morts", a dit à l'AFP Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur de l'hebdomadaire, d'une voix blanche. "Je suis vivant mais Charb, Cabu, ils sont tous morts?", a-t-il répété, hébété par le drame.
Selon un survivant, les agresseurs, cagoulés et vêtus de noir, ont fait irruption lors d'une conférence de rédaction et crié: "Nous avons vengé le prophète!" et "Allah akbar", selon une source policière et le procureur de Paris.
L'hebdomadaire était visé par des menaces constantes et faisait l'objet d'une protection policière depuis la publication de caricatures de Mahomet fin 2011, a rappelé son avocat, Richard Malka.
Charb, directeur de la publication, figurait sur une liste de "Recherchés, morts ou vifs, pour crimes contre l'islam" publiée au printemps 2013 par la revue jihadiste Inspire.
Deux policiers ont été tués, a précisé le parquet. L'un d'entre eux assurait la protection de Charb, selon une source proche de l'enquête. L'autre, blessé et gisant à terre, a été tué à bout portant par l'un des assaillants lors de sa fuite, selon une vidéo amateur authentifiée par les enquêteurs.
- #jesuischarlie -
L'attaque a fait aussi onze blessés dont quatre graves, a précisé en fin de journée le procureur de Paris lors d'un point-presse.
François Molins a également évoqué "au moins deux assaillants" dans l'attaque, affirmant qu'un témoin avait constaté la présence, lors de leur fuite, d'un troisième complice dans leur voiture.
Le plan Vigipirate a été relevé à "alerte attentats", le niveau le plus élevé, en Ile-de-France et les sorties scolaires à Paris ont été suspendues. Selon l'Intérieur, près de 500 CRS et gendarmes mobiles ont été déployés en renfort dans la capitale.
Des drapeaux sont en berne, notamment à l'Elysée ou à l'Assemblée. Et au moins 5.000 personnes se sont rassemblées place de la République. "Les religions c'est de la merde. Charlie, c'est le droit de penser ça", souligne Béatrice Cano, la cinquantaine, le dernier numéro de "Charlie" à la main.
Les réactions indignées se sont multipliées dans le monde. Le secrétaire d'Etat John Kerry a assuré, en français, "les Parisiens et tous les Français" du soutien des Américains. Ban Ki-moon s'est dit consterné, tandis qu'Angela Merkel condamnait un "attentat abominable".
Des milliers d'internautes ont exprimé leur émotion derrière le hashtag #jesuischarlie.
"Vers 11H30, deux hommes, armés de kalachnikov, ont fait irruption" au siège du journal satirique dans l'est parisien et "un échange de feu a eu lieu avec les forces de l'ordre", a décrit une source proche de l'enquête.
Ils ont ensuite pris la fuite en voiture, braqué un automobiliste et percuté un piéton.
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