Après une nuit de consultations, les négociateurs ont repris samedi à Lima les discussions avec l'espoir d'arracher un compromis sur les engagements que les pays devront prendre courant 2015 pour paver la route à un accord ambitieux à Paris pour lutter contre le réchauffement.
La Conférence de l'ONU sur le climat, qui a débuté le 1er décembre, a vu jusqu'au dernier jour initialement prévu, vendredi, les pays développés et les pays en voie de développement s'affronter.
Les délégués aux traits fatigués par deux semaines de pourparlers et une nuit très courte ont repris place en séance plénière, peu avant 11H00 locales, dans l'une des grandes tentes blanches provisoires dressées pour la conférence sur le site du Pentagonito, le ministère de la Défense.
L'accord espéré à Lima d'ici quelques heures doit donner un cadre général aux contributions: périmètre, contenu, mode d'évaluation.
Une adoption par consensus d'un texte est absolument nécessaire, mais semblait encore lointaine après les premières interventions en séance.
"Il sera difficile d'accepter des contributions sans mention des financements (dans les contributions des pays développés)", a déclaré le représentant du Soudan, au nom du groupe Afrique. "Notre groupe est inquiet () et ne sera pas en mesure de continuer sur la base de ce qui a été mis sur la table", a-t-il estimé.
"Les lignes rouges ne sont malheureusement pas traitées dans ce texte", a également lancé le représentant de la Malaisie. "les contributions doivent inclure de l'adaptation (), a-t-il déploré.
Si un accord sur les contributions nationales n'était pas trouvé à Lima, cette 20e conférence de l'ONU sur le climat n'aura pas tenu ses promesses, alors que le compte à rebours pour parvenir dans un an à accord engageant l'ensemble des pays a débuté.
Les pays riches souhaitent que les engagements, ou contributions nationales, soient centrées sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre et qu'elle s'appuient sur des informations précises et transparentes, pour rendre possible une évaluation.
De nombreux pays du Sud - surtout groupe Afrique, petits Etats insulaires, Arabie saoudite, Philippines - ne sont prêts à des engagements précis sur les trajectoires de réduction d'émissions qu'en échange de garanties financières pour réaliser ces objectifs, comme pour s'adapter au réchauffement et à ses impacts grandissants.
- Un manque d'ambition ? -
La Chine et l'Inde, 1er et 4e émetteur dans le monde, sont elles opposés à un système d'évaluation trop contraignant.
Les contributions doivent énoncer les objectifs nationaux de réduction pour qu'au niveau global, les émissions baissent de 40 à 70% d'ici 2050, une nécessité pour parvenir à limiter à 2°C la hausse de la température de la planète.
Au delà de ce seuil, les scientifiques estiment que les impacts seraient graves et irréversibles et mettraient en danger de nombreuses populations.
Le nouveau texte présenté samedi "appelle avec insistance" les pays développés à des "actions ambitieuses de réduction et d'adaptation, en particulier en direction des pays les plus vulnérables face au changement climatique". Sans doute pas la feuille de route espérée par les pays en voie de développement sur les financements promis. La barre de 100 milliards de dollars d'aide annuelle en 2020 doit être atteinte, mais le chemin pour y parvenir reste flou.
Le périmètre obligatoire des contributions, qui restent une démarche volontaire, reste vague et mentionne l'adaptation et des moyens de mises en oeuvre, en plus de la réduction des émissions.
L'article 12 précise que les informations suivantes devront être produites: objectifs, année de référence, calendrier de mise en oeuvre, méthodologie adoptée et des arguments sur l'équité et le niveau d'ambition de la contribution.
Quant à l'évaluation, elle devra avoir lieu lors d'une réunion intermédiaire dans les négociations, à Bonn en juin 2015, dans "le respect de la souveraineté nationale". Le texte ne fait pas mention de l'agrégation des contributions par rapport à l'objectif de 2°C.
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