Le projet de loi Macron, censé illustrer l'élan réformateur en France, a été présenté en grande pompe mercredi comme une "vraie loi de gauche" pour "libérer" la croissance, face à la grogne de certains socialistes et des professions juridiques.
Ce projet de loi sur l'activité et la croissance, baptême du feu du jeune ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a été défendu par le Premier ministre, Manuel Valls et le principal intéressé avec une solennité inhabituelle devant les journalistes, à l'Elysée et en présence de nombreux ministres concernés.
Le gouvernement avait visiblement à coeur de présenter un front uni pour défendre "une loi de progrès et de liberté et là je reprends les mots prononcés par le Président de la République", a déclaré M. Valls.
"C'est tout simplement une vraie loi de gauche", plaide pour sa part le dossier distribué à la presse mercredi.
Ce texte, dont l'exécutif attend des effets concrets "dès l'été prochain" mais sans les quantifier, contient une ribambelle de réformes dont certaines promettent des débats parlementaires houleux et suscitent déjà des manifestations.
Le projet de loi doit "redonner de la vitalité à l'économie française" et "n'enlève rien à personne", a assuré M. Macron, qui a martelé être guidé par le "pragmatisme".
- Libérer, investir, travailler -
Le projet articulé en trois chapitres - "libérer", "investir" et "travailler" - entend, en vrac, baisser les tarifs des notaires, permettre de traverser la France en bus, ouvrir davantage de commerces le dimanche, soutenir les start-up, accélérer les procédures aux prud'hommes, mettre plus de concurrence dans la grande distribution ou encore s'attaquer aux délais pour passer le permis de conduire.
Il avait été mis sur les rails par le prédécesseur de M. Macron, Arnaud Montebourg, de manière plus tonitruante en affichant un objectif de 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire, que le nouveau ministre a toujours refusé de reprendre à son compte.
L'un des points les plus controversés concerne le travail du dimanche dans le commerce.
Les maires pourront autoriser les commerces de leurs communes à ouvrir jusqu'à 12 dimanches par an au lieu de 5 actuellement, moyennant une obligation de "compensation salariale".
A ce propos, M. Macron a répondu aux critiques venant notamment de la gauche du Parti socialiste, en estimant qu'il s'agissait "d'une avancée sociale". M. Valls a assuré qu'il existait une "marge de débat".
Les syndicats du secteur du commerce appellent à une manifestation le 16 décembre, toujours sur la question du travail du dimanche.
- Les professionnels du droit dans la rue -
Autre mobilisation, dès mercredi: celles des professionnels du droit, huissiers, notaires et autres avocats, très remontés contre les aspects du projet de loi les concernant qui ont été 30.000 à défiler à Paris.
L'UNAPL, qui regroupe l'ensemble des professions libérales, appelle pour sa part à descendre dans la rue le 22 janvier, date à partir de laquelle le projet de loi sera examiné à l'Assemblée nationale.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousA lire aussi
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.