Le vice-président américain Joe Biden en visite en Turquie devait tenter samedi d'obtenir le soutien du gouvernement islamo-conservateur à la coalition anti-jihadiste en Syrie au moment où le groupe Etat islamique (EI) mène une offensive majeure pour asseoir son pouvoir dans l'ouest de l'Irak.
A l'étranger, les Occidentaux, particulièrement la France, s'inquiètent de plus en plus de l'embrigadement de plusieurs de leurs ressortissants dans cette organisation jihadiste qui sévit dans les vastes régions qu'elle contrôle en Irak comme en Syrie.
Responsable de terribles atrocités et accusé par l'ONU de crimes contre l'Humanité, l'EI cherche à prendre la totalité de Ramadi (100 km à l'ouest de Bagdad), l'une des dernières zones urbaines encore partiellement sous le contrôle des forces gouvernementales dans la province d'Al-Anbar, dans l'ouest de l'Irak, frontalière de la Syrie.
Selon un responsable, l'EI a lancé "une attaque surprise depuis le nord, l'ouest, l'est et le sud", faisant notamment exploser des voitures piégées.
Les jihadistes ont réussi à prendre le quartier de Madiq, mais "la police, l'armée et les forces tribales (alliées) sont parvenues à stopper l'attaque", a indiqué un autre responsable.
La quasi-totalité de la province d'Al-Anbar, qui jouxte aussi l'Arabie saoudite et la Jordanie, est contrôlée par les jihadistes et la prise de Ramadi, son chef-lieu, constituerait une importante victoire.
Un membre du conseil provincial, Azzal al-Fahdawi, a appelé à un "soutien de l'armée de l'air" irakienne ou des avions de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.
La coalition a mené deux raids près de Ramadi au cours des dernières 72 heures, a annoncé vendredi le commandement américain chargé de la région (Centcom).
Après être restée impuissante pendant des mois face à l'avancée des jihadistes, l'armée irakienne, qui depuis août compte sur le soutien aérien de la coalition, a enregistré récemment quelques succès avec notamment la reconquête de Baïji, plus importante ville reprise à l'EI.
Sitôt atterri sur le sol turc, M. Biden a rejoint vendredi le Premier ministre Ahmet Davutoglu pour un dîner. Il devait prononcer deux discours samedi matin, avant de rencontrer le président et homme fort de Turquie Recep Tayyip Erdogan. Il doit quitter Istanbul dimanche.
Devant la presse, MM. Biden et Davutoglu se sont efforcés d'atténuer les tensions qui perturbent depuis quelques mois les relations entre leurs deux pays à propos du dossier syrien.
La Turquie refuse catégoriquement de venir militairement en aide aux forces kurdes qui défendent depuis deux mois la ville syrienne kurde de Kobané, assiégée par l'EI tout près de la frontière turque.
Son gouvernement islamo-conservateur considère le principal parti kurde de Syrie comme un mouvement "terroriste" et redoute qu'un soutien militaire à sa milice armée ne profite aux rebelles "frères" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mènent depuis 1984 la rébellion contre Ankara.
Sous la pression des Etats-Unis, la Turquie a toutefois autorisé le passage vers Kobané, via son territoire, de 150 combattants peshmergas venus de la province autonome kurde d'Irak, avec laquelle il entretient de bonnes relations.
Washington soutient de son côté ouvertement les Kurdes de Syrie, auxquels ils fournissent armes et munitions.
- 21 soldats tués en Syrie -
Poursuivant ses exactions, l'EI a exécuté vendredi en public deux jeunes hommes accusés d'avoir collaboré avec l'armée, dans la province de Kirkouk dans le nord de l'Irak.
Plus au nord, à Erbil, capitale du Kurdistan, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a rencontré le président de cette région autonome Massoud Barzani, dont les forces combattent aussi l'EI, au surlendemain d'un attentat meurtrier revendiqué par les jihadistes.
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