L'Iran et les grandes puissances entrent mercredi dans le détail des discussions, au deuxième jour de leur ultime réunion à Vienne pour trouver un accord historique sur le programme nucléaire iranien.
Les diplomates du "5+1" (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) et ceux de la République islamique ont jusqu'au 24 novembre pour aboutir.
Les grandes puissances soupçonnent depuis 2002 l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours démenti.
Les tensions sont allées jusqu'à des menaces de guerre, alimentées notamment par la crainte qu'un Iran nucléaire inspire à Israël et aux pays arabes du Golfe.
L'Iran souhaite la levée des lourdes sanctions qui étouffent son économie, tandis que les grandes puissances exigent qu'il limite ses capacités nucléaires de façon à rendre l'option militaire virtuellement impossible.
Les négociateurs doivent se retrouver en séance plénière, sous la houlette de Catherine Ashton, l'ex-représentante diplomatique de l'UE, qui a conservé la responsabilité de ce dossier.
L'issue de leur dialogue reste incertain. Tout sera affaire de "décisions politiques" de toutes les parties, a assuré le négociateur russe Sergueï Riabkov dans la nuit de mardi à mercredi.
- "Coopérations" -
Selon M. Riabkov cité par l'agence Ria Novosti, "nous sommes à un pas, voire même à un demi-pas d'un règlement".
Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a lui aussi jugé un accord "possible", mais a mis en garde ses interlocuteurs contre toutes "demandes excessives".
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a exhorté de son côté Téhéran à faire "tous les efforts possibles".
M. Kerry poursuivait ses consultations à Londres mercredi. Il était attendu jeudi matin à Paris pour des entretiens distincts avec son homologue saoudien, le prince Saoud al-Fayçal, et le ministre français Laurent Fabius, avant sans doute de rejoindre Vienne.
Les négociateurs doivent d'abord trancher la question des capacités d'enrichissement d'uranium que l'Iran pourrait conserver après un accord. Téhéran exploite des milliers de centrifugeuses susceptibles de fournir la matière première pour des bombes atomiques.
L'Iran, insiste une autre source occidentale, "doit consentir à réduire significativement ses capacités actuelles", quitte à bénéficier ensuite de "coopérations sur le nucléaire civil".
Le réacteur à eau lourde d'Arak, un équipement qui pourrait produire du plutonium - l'autre voie d'accès à l'arme nucléaire - est aussi en question, tout comme le régime d'inspections de l'ONU auquel l'Iran serait soumis après un accord, ou encore le rythme de la levée des sanctions.
- Ajournement risqué -
Sur ce dernier point, une source occidentale reproche à l'Iran de "vouloir tout, tout de suite, ce qui n'est pas du tout réaliste".
Un éventuel accord ouvrirait la voie à une normalisation des relations entre l'Iran et l'Occident, et rendrait possible des coopérations, notamment face aux crises en Irak et en Syrie.
Des analystes estiment qu'il réduirait aussi le risque de prolifération nucléaire au Proche-Orient - même si d'autres pensent qu'un Iran réintégré dans le jeu international inquièterait encore plus ses voisins.
Enfin, un accord permettrait à l'Iran de relancer son économie et de reprendre toute sa place parmi les principaux producteurs mondiaux de pétrole.
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