Le chef de la diplomatie allemande a appelé mardi Kiev et Moscou à respecter les accords de paix face à une escalade "dangereuse" dans l'est séparatiste de l'Ukraine où l'Otan a dénoncé un renforcement militaire russe "très grave".
En visite d'abord à Kiev, puis à Moscou, pour tenter d'apaiser les tensions dans la crise ukrainienne, Frank-Walter Steinmeier a estimé, après une rencontre avec le président ukrainien Petro Porochenko, que la situation dans l'Est était "dangereuse" et ne faisait que "s'aggraver".
M. Steinmeier, dont le pays est le principal médiateur entre Kiev et Moscou, a défendu les accords de Minsk signés en septembre entre Ukrainiens et séparatistes prorusses avec la participation de la Russie et de l'OSCE.
Ces accords avaient permis la mise en place d'un cessez-le-feu désormais quotidiennement bafoué.
"Les accords de Minsk ne sont pas parfaits, mais ce sont des accords de base. Il faut les respecter", a-t-il déclaré.
La visite de M. Steinmeier intervient sur fond de craintes d'une "guerre totale" dans l'Est séparatiste prorusse où les violences ne connaissent pas de répit.
- La Russie menacée d'isolement -
Au même moment à Bruxelles, le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, a accusé la Russie de "continuer de déstabiliser l'Ukraine".
"La Russie a le choix: la Russie peut soit participer à une solution de paix négociée ou elle peut continuer sur le chemin qui mènera à son isolement", a-t-il mis en garde au début d'une réunion avec les ministres européens de la Défense.
"Nous voyons des mouvements de troupes, d'équipements, de tanks, d'artillerie et aussi de systèmes de défense anti-aérienne modernes", a détaillé M. Stoltenberg. "C'est un renforcement militaire très grave () à la fois en Ukraine et sur le côté russe de la frontière".
Les accusations de déploiement massif russe avancées depuis plus d'une semaine par Kiev et les Occidentaux sont qualifiées d'"élucubrations" par la diplomatie russe.
Les autorités ukrainiennes disent pourtant se préparer au "pire scénario" dans le conflit qui a déjà fait plus de 4.100 morts depuis la mi-avril.
- Négocier en "terrain neutre" -
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui va s'entretenir avec M. Steinmeier dans l'après-midi à Moscou, a d'avance douché les espoirs d'accalmie dans la crise en estimant qu'il ne fallait pas attendre d'avancée immédiate.
"Mais nous apprécions notre dialogue régulier avec l'Allemagne", a-t-il déclaré depuis Minsk.
Après l'accueil glacial réservé à Vladimir Poutine le week-end dernier lors du sommet du G20 en Australie, M. Lavrov a tout de même déclaré espérer que les relations de la Russie avec l'Union européenne n'aient pas atteint un point de "non-retour".
Il a également pressé les autorités ukrainiennes de s'engager dans des négociations avec les rebelles.
Une option inacceptable pour Kiev qui les qualifie de "terroristes" aux ordres de Moscou.
"Tout dépend en premier ordre du président russe", a lancé mardi le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk en invitant Moscou à négocier "en terrain neutre".
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