Plusieurs pays, dont la France ou le Royaume Uni, cherchaient lundi à déterminer la nationalité des jihadistes qui ont décapité, à visage découvert, l'otage américain Peter Kassig et 18 soldats syriens, une exécution qui provoque une immense répulsion.
La France a été la première à identifier l'un des jeunes combattants du groupe Etat islamique (EI) parmi les bourreaux qui apparaissent dans la vidéo des exécutions diffusée dimanche.
La justice française a ouvert lundi une enquête pour assassinat en bande organisée dans le cadre d'une entreprise terroriste, "visant les agissements de deux Français" qui pourraient être impliqués dans la décapitation de prisonniers par le groupe Etat islamique (EI), a annoncé le procureur de Paris.
Outre Maxime Hauchard, un Normand de 22 ans identifié parmi les bourreaux du groupe jihadiste dans une "vidéo de propagande" diffusée dimanche, François Molins a évoqué la présence "possible" sur ces mêmes images d'un "second ressortissant Français" qui "pourrait être impliqué".
La vidéo est la première diffusée par l'EI à montrer, parfois en gros plan, le visage de bourreaux, qui apparaissaient masqués dans les précédents enregistrements.
On y voit des hommes jeunes et barbus dont certains ont un type asiatique ou occidental. La présence d'un Danois et d'un Australien est évoquée.
Le quotidien britannique Daily Mail a également affirmé qu'un Britannique de 20 ans figurait parmi eux. Mais le père de ce jeune homme a nié lundi sur la BBC qu'il puisse d'agir de son fils, Nasser Muthana, étudiant en médecine originaire du Pays de Galles.
Selon la BBC, Nasser Muthana serait bien apparu dans une vidéo de l'EI, mais il y a plusieurs mois.
La vidéo semble montrer un autre Britannique, surnommé "Jihadi John" par les médias britanniques, qui apparaît masqué avec, à ses pieds, la tête décapitée de Peter Kassig.
Cet homme ayant un fort accent de la banlieue de Londres est considéré comme l'assassin présumé de James Foley et Steven Sotloff, les deux journalistes décapités depuis la mi-août avec les humanitaires britanniques Alan Henning et David Haines.
- 1500 exécutions en Syrie -
A fin septembre, quelque 3.000 ressortissants européens étaient partis faire le jihad, selon le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove.
A eux s'ajoutent de nombreux combattants venus de pays d'Asie centrale et du sud-est ou des Etats-Unis, en plus des milliers originaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.
Un militant de l'EI affirmant avoir fui la Syrie a témoigné à la télévision norvégienne NRK que les combattants étrangers se montraient plus extrémistes que les autres: "Ils mènent la plupart des opérations-suicides. Ce sont eux qui sont les plus brutaux contre les civils".
L'EI a exécuté 1.429 personnes en Syrie depuis la proclamation fin juin d'un "califat" à cheval sur ce pays et l'Irak, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Près de 900 étaient des civils, dont 700 appartenaient à la tribu Chaitat, qui s'était soulevée contre l'EI dans l'est syrien.
- Un groupe 'inhumain' -
Le président américain Barack Obama a condamné l'exécution de Peter Kassig comme "un acte de mal absolu mené par un groupe terroriste que le monde considère, à juste titre, comme inhumain".
Les actions du groupe "ne représentent aucune foi, et certainement pas la foi musulmane qu'Abdul Rahman avait adoptée", a-t-il ajouté, en citant le nom choisi par Kassig après sa conversion à l'islam.
Les parents de l'otage ont déclaré avoir "le coeur brisé" d'apprendre que leur fils avait "perdu la vie à cause de son amour pour le peuple syrien et de son désir d'alléger ses souffrances".
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.