Fort de la mobilisation enregistrée dimanche pour un vote symbolique, le président nationaliste catalan Artur Mas réclame un vrai référendum sur la séparation d'avec l'Espagne, relançant la balle dans le camp de Madrid, qui fait la sourde oreille.
Pour les analystes, Artur Mas a gagné un set, mais le match ne fait que commencer. Et c'est au chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy de servir.
Selon des résultats presque définitifs diffusés lundi, 2,3 millions de personnes ont répondu dimanche à l'appel de M. Mas qui a organisé un scrutin sans valeur légale, mais très important pour le camp indépendantiste, sur le point de savoir si la Catalogne doit rester espagnole.
Près de 80,7% de personnes ayant participé soit 1,86 million, se sont dites favorables à l'indépendance et une sur dix a souhaité au moins une autonomie renforcée.
La presse, en Catalogne comme à Madrid, de droite comme de gauche, a pressé lundi Mariano Rajoy d'abandonner son immobilisme et de chercher une issue politique à la crise catalane. "La loi à elle seule ne suffit pas pour arrêter une demande d'indépendantisme qui capte des adeptes chaque jour", écrit le journal conservateur El Mundo.
Un appel relayé par le chef de l'opposition, le secrétaire général du PSOE Pedro Sanchez.
"M. Rajoy doit cesser de s'appuyer sur les tribunaux pour régler une crise qui est politique, dont l'origine est politique et la solution aussi", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Barcelone. Cela a montré la "nécessité d'en finir avec l'immobilisme", a-t-il ajouté, insistant sur une réforme de la Constitution.
La veille Artur Mas s'était félicité d'avoir attiré aux urnes plus de deux millions des 5,4 millions de Catalans susceptibles de voter. "C'est un pas de géant", a-t-il lancé. "La Catalogne a démontré une fois de plus qu'elle veut se gouverner seule".
"Nous demandons au monde de nous aider à convaincre les institutions espagnoles du fait que la Catalogne mérite d'avoir un référendum pour décider de son avenir", a encore déclaré le dirigeant, qui invoque l'exemple des référendums écossais et québécois, d'ailleurs perdus par les indépendantistes.
La première réponse de l'étranger n'a pu que le décevoir. "Nous voulons que l'Espagne reste unie", a simplement déclaré lundi le Premier ministre britannique David Cameron. "Des référendums doivent être organisés dans le cadre de la constitution et de la loi".
Et Madrid a semblé fermer la porte.
Assurant s'exprimer au nom du gouvernement la chef du Parti populaire en Catalogne Alicia Sanchez Camacho a demandé à M. Mas de "cesser le chantage" et de "commencer à gouverner" sa région.
Elle a estimé que le vote, une "farce démocratique", ne démontrait aucun succès, ayant été suivi par l?électorat traditionnel des nationalistes catalans et des indépendantistes, soit environ 35% des électeurs.
"Les citoyens ont été invités à prendre part à un simulacre inutile et stérile", avait dit la veille le ministre de la Justice Rafael Catala.
Madrid avait saisi par deux fois le Tribunal constitutionnel pour tenter d'empêcher cette consultation. On ignorait lundi, si des poursuites, en principe possibles, seraient déclenchées contre M. Mas.
- Des résultats pas concluants -
Au-delà du succès de la mobilisation, les résultats du vote en eux-mêmes ne sont pas concluants.
Le chiffre provisoire de 1,8 million de "oui" à une Catalogne indépendante correspond à peu près au 1,7 million de voix totalisées par les partis indépendantistes aux dernières régionales de 2012. Et cette fois-ci, le vote avait été ouvert aux jeunes de 16 à 18 ans et aux étrangers.
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