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PARIS (AFP). Hollande: bonne audience mais a-t-il convaincu ?

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PARIS (AFP). Hollande: bonne audience mais a-t-il convaincu ?
François Hollande au milieu des invités sur le plateau de TF1 le 6 novembre 2014 à Aubervilliers - Pool/AFP
François Hollande s'est efforcé jeudi soir pendant près de deux heures sur TF1 et RTL de relancer son quinquennat, s'affichant en président réformateur, campé à la barre de son pays, mais a-t-il convaincu ? Les analystes en doutent fort, même si l'Elysée se félicite du score de l'émission. A l'Elysée, en attendant le verdict des sondages, les audiences ont déjà mis du baume au c?ur. TF1 a raflé la mise, largement en tête des audiences de la soirée avec 7,9 millions de téléspectateurs, score tout à fait comparable à ceux de Nicolas Sarkozy en janvier 2010 (8,6 millions de téléspectateurs) et en février 2011 (8,3 millions) et supérieur même à celui de Jacques Chirac en 2005 (7,4 millions). "Très importantes, les audiences montrent que les Français se sont passionnés pour ce rendez-vous et que le président a su les entraîner", s'est félicité un conseiller du président interrogé par l'AFP. "Ce n'est pas une émission qui bouleverse l'opinion, mais ça montre le chemin", a-t-il tout juste tempéré. Il reste fort à faire cependant pour reconquérir le c?ur et l'esprit des Français. Quelques heures avant ce grand oral de la mi-mandat, une enquête de l'institut YouGov n'accordait plus que 12% d'opinions favorables au chef de l'Etat, record absolu d'impopularité sous la Ve République. Beaucoup moins enthousiaste que l'Elysée, Frédéric Dabi (Ifop) estime que l'émission a plutôt révélé un "décalage": présentée comme "cruciale, à mi-mandat () elle devait créer un choc psychologique, relancer son quinquennat et lui permettre de renouer le lien avec les Français, mais elle s'est inscrite finalement dans la continuité". Second décalage, dû cette fois au format de l'émission, selon lui: "en répondant d'égal à égal aux Français, il est apparu plutôt comme un super Premier ministre que comme un président, éprouvant des difficultés à apporter des réponses concrètes". "Mais ce n'est pas nouveau", relève Frédéric Dabi, rappelant les précédents de Jacques Chirac en 2005 face à un panel de jeunes ou de Nicolas Sarkozy en 2010: "ils étaient déjà apparus sous cet angle de l'impuissance". - Valls: "J'y vois du courage" - "Pour renouer le lien avec les Français, il fallait faire la démonstration que ce n'est pas l'extérieur qui oblige à mais qu'au contraire la France va quelque part", et dire "comment elle se déploie" dans le contexte mondial et européen, souligne-t-il. Plus indulgent, l'expert en communication Dominique Wolton (CNRS) s'est dit "agréablement surpris" par l'exercice: un face-à-face du président avec des journalistes mais aussi quatre Français censés exprimer les préoccupations de leurs compatriotes. "Il y a dans les questions mal formulées de gens ordinaires quelque chose qui permet aux téléspectateurs de s'identifier", observe-t-il, et même si "c'est artificiel, cette prise de risque laisse à voir dans un regard ou un sourire, au-delà du personnage politique, la véritable personnalité du président". Sans surprise, les réactions politiques à son long plaidoyer pro domo ont respecté les clivages. "Il y a chez le président de la République la volonté d'assumer pleinement tout ce qui a été fait et ce qui est à faire. J'y vois du courage", a estimé le Premier ministre Manuel Valls vendredi. L'ex-Premier ministre UMP François Fillon s'est montré sévère: en "homme de bonne volonté, mais complètement dépassé par les événements", M. Hollande est apparu tour à tour comme "un conseiller de Pôle emploi, un élu local, un conteur d'histoires, jamais un président de la République". Le secrétaire général de l'UMP Luc Chatel, s'était dit "sidéré, choqué, triste pour la fonction présidentielle", parlant d'un "aveu d'impuissance". A la droite de la droite, le vice-président du Front national, Florian Philippot, a dénoncé le "vide" et le "néant" d'une émission sans "aucune action concrète" tandis qu'à la gauche de la gauche, Eric Coquerel, secrétaire national du Parti du gauche, parlait du "naufrage en direct" d'un président.

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