Depuis trois ans, le collectif La Boussole du Sud, basé à Montpellier et spécialisé dans l'hébergement des personnes en situation de précarité et dans la réinsertion, qui s'occupe de la Coupe du Monde des sans-abris en France. Chaque année, une équipe de France des sans-abris est constituée pour participer à la Coupe du Monde, la Homeless World Cup qui se déroulera du 19 au 25 octobre à Santiago, au Chili, dans des matchs disputés à 4 contre 4.
8 joueurs, 3 réservistes
Noémie Espitalier, éducatrice à la Boussole, raconte le processus de sélection de cette équipe de France : "En mai, nous organisons à Montpellier un tournoi national de la solidarité. Nous contactons toutes les structures d'hébergement de France pour les inviter. Une première sélection de 20 joueurs est alors faite. Une deuxième sélection a eu lieu en juin, à Aix-en-Provence. Cette fois-ci, ce sont les coachs, deux anciens joueurs de cette équipe, qui constituent une liste de 8 joueurs et de trois réservistes. On étudie alors si le projet a du sens pour eux, s'ils ont des problèmes d'addiction ou encore si il existe une réelle possibilité d'insertion."
Appel aux subventions
Car, si une Coupe du Monde est un événement forcément particulier d'un point de vue sportif, l'objectif social ne doit jamais être perdu de vue : la Homeless World Cup est une vitrine et une promesse de rebond pour ces sans-abris. "Les deux coachs de cette année, anciens joueurs l'année dernière, se sont réinsérés socialement et professionnellement. Parfait, qui vient de Lille, a même participé à des débats avec la maire Martine Aubry", raconte Noémie Espitalier.
Si la réinsertion sociale et professionnelle reste l'objectif principal de l'événement, il se heurte parfois au manque de subventions. Aujourd'hui, le Crédit Agricole et la fondation Abbé Pierre - Emmaüs d'Esteville, où se rassemblent une fois par an les joueurs de l'équipe nationale - soutiennent la manifestation, le budget, qui avoisine les 30 000 €, n'est toujours pas bouclé. "Nous avons besoin de subventions. Le seul coût des billets d'avion s'élève à 20 000 €."
Une parenthèse dorée
Pour les joueurs de l'équipe, cette Coupe du Monde est aussi une parenthèse dorée où l'on renoue avec son rêve, le football. Mickaël Delsinne, dans une structure d'hébergement de Valenciennes depuis longtemps, résume bien le sentiment général : "On est excités, on a hâte. Aucun de nous n'a jamais posé un pied en Amérique", raconte celui qui a reçu des mains des frères Cantona une coupe remportée lors d'un tournoi à Toulon. Seule appréhension, notamment pour Seidou Keita, "les 24h d'avion non stop".
Une fois sur place, et après la cérémonie d'ouverture, l'équipe de France revêtira le maillot frappé du coq, entonnera la Marseillaise et se mesurera aux autres nations. L'année dernière, la France est tombé sur un os brésilien en 1/4 de finale. Résultat : une défaite 6-1 face au futur vainqueur brésilien.
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