"Laissez-nous nos cahiers" : c'est le principal slogan que l'on pouvait lire sur les banderoles des lycéens étrangers qui ont crié leur inquiétude, lundi 2 juin, devant le centre médico-social du Val de Saire. Une quinzaine d'entre eux ont été reçus, dans la matinée, par les employés des affaires sociales. Bientôt majeurs, ils craignent que l'aide qu'ils reçoivent du Conseil général de la Manche ne s'arrête après leurs 18 ans.
Un diplôme compromis
En effet, c'est la loi, le département doit accompagner tout mineur isolé sur son territoire, qu'il soit français ou non. A sa majorité, le Conseil général peut choisir de poursuivre son aide, si le jeune a un projet d'étude ou de formation. Il peut alors signer un "contrat jeune majeur", et cela jusqu'à ses 21 ans. Mais le département a choisi de limiter ces contrats, pour des raisons budgétaires notamment. Pour Azim, pakistanais de 17 ans, scolarisé en 1ère STL au lycée Tocqueville de Cherbourg, ce choix peut remettre en cause l'obtention de son diplôme :
Manche : le cas sensible des jeunes majeurs étrangers
Trop de contrats jeunes majeurs
Ce qui fait tiquer le Conseil Général, qui a débattu sur ce sujet lundi 2 juin, c'est que le nombre de ces mineurs isolés sur la Manche a nettement augmenté en trois ans, à la suite d'une circulaire gouvernementale qui répartit l'ensemble de ces jeunes arrivés sur le territoire français de façon plus égalitaire entre les départements. Ainsi, selon Philippe Bas, conseiller général de la Manche, le département accueillait 20 jeunes en 2011, 89 en 2014. Cet accompagnement est estimé à 3,5 millions d'euros pour l'année 2014, pour les mineurs.
"L'Etat doit prendre ses responsabilités. Certes, à 18 ans et quelques mois on a toujours les mêmes besoins que lorsque l'on est mineur, a reconnu Philippe Bas, mais tenez compte de l'effort du département et faites votre part du chemin." Le président Jean-François Le Grand rappelle que les jeunes peuvent aussi demander une aide via le fond lycéen ou le RSA. "Aujourd'hui 180 contrats jeunes majeurs sont en place dans la Manche. L'effort de solidarité du Conseil Général est maximal, trop c'est trop" poursuit le président, qui dénonce une désinformation de la part "de ceux qui accompagnent les lycéens" qui manifestent.
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