La scène est cocasse. Devant le chantier du nouveau tribunal de grande instance de Caen et sous des panneaux assurant la promotion du ministère concerné avec slogans ambitieux tels que “Pour vous la justice se modernise”, une centaine d’avocats caennais exprimait leur colère, jeudi 22 mai. Depuis le début de l’année, sur les 34 postes de magistrats du siège, en charge de dire le droit en rendant des décisions de justice, huit sont actuellement vacants. A quatre arrêts maladie qui tardent à être remplacés, quatre postes budgétés mais non attribués sèment le trouble notamment.
Délais rallongés
“Les conséquences sont grandes”, s’emporte Françoise Boutillon, vice-batonnière. Les délais de traitement des dossiers sont allongés. “Par exemple en matière familiale en ce moment, dans les cas de divorce, il faut attendre six à sept mois pour voir un juge, contre trois mois en fin d’année dernière. Imaginez la pénibilité pour le parent qui attend cette décision pour bénéficier de la pension alimentaire de l’ex-conjoint.” En matière civile, lorsqu’une affaire est prête à être plaidée, l’audience n’a lieu que neuf mois plus tard. Quand les jugements ne sont pas rendus dans les délais, les audiences sont tout simplement annulées.
“Les engagements annoncés par le ministère ces derniers mois n’ont pas été tenus et nous sommes désormais dans une situation extrêmement pénible à gérer, d’autant que les citoyens qui se retrouvent devant les tribunaux pensent bien souvent que ces dysfonctionnements relèvent de notre responsabilité”, indique Robert Apery bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau de Caen. “Or nous n’y pouvons rien.” La majorité des 350 avocats exerçant à Caen en conviennent : la situation dans la capitale bas-normande est plus critique qu’ailleurs. “Un nouveau palais de justice n’y changera rien.”
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