Le journaliste ivoirien Benson Seripka a été contraint de quitter son pays en 2011. Il a récemment écrit une lettre ouverte sur le site de l’Oeil de l’exilé pour témoigner de la situation en Côte d’Ivoire. En collaboration avec la Maison des Journaliste, il rencontre les élèves pour discuter de la liberté de la presse. Le jour anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo.
Pourquoi avez-vous quitté la Côte d’Ivoire ?
"J’ai dû fuir mon pays le 20 avril 2011, à l’instar de nombreux journalistes, pour ne pas cautionner la prise de pouvoir par les armes. En effet, après les élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel a déclaré vainqueur Laurent Gbagbo. Son adversaire, Alassane Ouattara, contestant les résultats des urnes, a fait un coup d’Etat militaire le 11 avril 2011, avec le soutien de certains pays occidentaux, dont la France. J’ai échappé de justesse à un assassinat. Je me suis d’abord réfugié avec ma femme et ma fille au Ghana puis Togo. Je suis arrivé en France le 17 octobre 2013".
Pourquoi avoir choisi de venir en France ?
“J’étais déjà venu en France pour des missions et j’ai eu l’occasion d’y revenir. Je suis revenu en Côte d’Ivoire car je savais qu’on ne m’y attendait pas. J’ai ensuite pris l’avion pour Paris à Abidjan. J’ai rejoint ma femme et ma fille qui étaient en France depuis le mois d’août. Mon fils de 13 ans est resté en Côte d’Ivoire. Nous prions tous les jours qu’il ne lui arrive rien. Actuellement je vis à Paris chez des amis mais je change souvent d’endroit".
Pourquoi témoignez-vous auprès des lycéens ?
“Je travaille en collaboration avec la Maison des Journalistes pour sensibiliser les jeunes au problème de la liberté de la presse. C’est aussi l’occasion pour moi d’expliquer ce que je sais et ce qu’il s’est réellement passé en Côte d’Ivoire depuis 2011. Nous n’avons pas de satellite pour émettre nos propres images en Europe donc celles que vous voyez viennent de vos journalistes. Mais ces informations sont flouées par la position de votre pays sur la situation en Côte d’Ivoire. Pour moi, les décisions du Conseil constitutionnel sont justes et doivent être appliquées”.
Quels sont vos projets ?
“Nous sommes encore en attente d’une demande d’asile donc nous ne pouvons pas travailler. Je pense rac onter ce que j’ai vécu dans un livre mais je n’ai pas encore trouvé d’éditeur. J’espère qu’il sortira cette année. Parler de ce qui se passe en Côte d’Ivoire est une forme de résistance. Je suis un homme de conviction. J’ai choisi d’être journaliste politique pour témoigner de ce qui se passe dans mon pays et je n’ai pas peur de me confronter aux journalistes français qui vous montrent une vision erronée de la réalité”.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.