Nous évoquions dans le numéro 136 les bars à concert, expliquant les difficultés du contexte rouennais. La situation des studios de répétition est bien différente.
Retour en arrière. En 1996, le Chabada et Accord Studio ont disparu. Le Kalif, appelé à l’époque California Music, est alors créé par des musiciens. Jusqu’en 2010, c’est l’unique studio de répétition rive-droite. En novembre 2010, le 106 débarque. “Les studios du Kalif étaient saturés, nous cherchions des solutions pour permettre aux musiciens de répéter plus facilement”, explique Arthur Lombard, régisseur au 106. “En l’espace de quelques mois, le 106 et le Repet Show sont créés, on passe ainsi de six à 17 studios de répétition. Evidemment, ça nous a fait du tort”, raconte Stéphane Maunier, directeur du Kalif depuis 2006.
Explosion de l’offre
Si le Kalif constate depuis un an une nouvelle hausse de la fréquentation de son local, le Local 66 n’a quant à lui pas passé le cap et a dû fermer ses portes en 2012, après plusieurs mois de difficultés. De son côté, Thierry Olive, le gérant du Repet Show, situé à Déville-lès-Rouen, est serein. “Il y a suffisamment de groupes pour que nous en vivions tous”. Arthur Lombard imagine même qu’un nouveau studio pourrait prochainement naître sans que cela ne fasse mourir les “anciens”. Si les groupes de musique se multiplient aujourd’hui comme des petits pains et que, par conséquent, ils ont de plus en plus besoin de locaux pour répéter, les studios de répétition ne s’en contentent pas. Ils se diversifient et proposent de nouvelles prestations aux mélomanes.
Du côté du Kalif, ce sont les cours de musique. “Nous avons travaillé sur des façons différentes de faire découvrir la musique et d’amener le public à la pratiquer”, précise Stéphane Maunier. Au 106, qui accueille 1 500 musiciens, les concerts récurrents participent activement au développement de la structure. Thierry Olive du Repet Show propose des cours de mandoline et de guitare en plus de ses sept studios de répétition rénovés. Quant au petit nouveau Eloze Record, il dispose d’un véritable studio d’enregistrement. “Simon (le propriétaire d’Eloze Record), va venir visiter le Repet Show. On pourra peut-être établir un partenariat”, se réjouit Thierry Olive, qui est loin de considérer ses confrères comme des concurrents.
Les studios de répétition se développent à Rouen et le créneau pourrait commencer à saturer.
Un conseil pour ceux qui voudraient se lancer : que la musique soit une vraie passion. En effet, les gérants de studios affirment souffrir d’acouphènes. “Les Efferalgan sont mes potes, plaisante le gérant du Repet Show. J’écoute de la musique classique chaque soir, ça m’apaise”. “J’aime la musique, je suis un boulimique”, s’exlame Arthur Lombard, heureux de constater que les studios de répétition continuent à susciter des envies. “Notre but ultime, que la musique continue à exister”, conclut Stéphane Maunier. C’est bien parti pour durer, car selon Nietzsche “la vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil”.
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