En comparution immédiate, vendredi 7 mars, l’incendiaire de l’école maternelle d’ Hérouville Saint-Clair raconte sa nuit du 31 janvier au 1er février : “J’étais bourré, j’étais en colère contre mon frère, je ne savais pas où j’étais. J’ai donné un coup de pied dans une fenêtre, j’ai entendu les alarmes. J’ai eu peur, alors, j’ai mis le feu à des feuilles qui se trouvaient sur un petit meuble, et je suis parti”. Le crime était fait
Jusqu’à deux litres de rhum par jour
En fait, le feu s’est propagé à l’ensemble du bâtiment, favorisé par le vent... Résultat : des dégâts estimés à 1,5 million d’euros et des élèves déplacés. Les effectifs de trois casernes de pompiers avaient été nécessaires pour éteindre les flammes.
Le traumatisme sur les enfants et les habitants a été d’autant plus important qu’il y avait déjà eu des incendies de ce type à Hérouville, commune dont le maire était présent à l’audience. Alors que le préjudice moral des familles est évoqué, le procureur s’inquiète et s’interroge. Que se serait-il passé si le prévenu avait incendié en pleine nuit un lycée avec un internat ? M., 24 ans, très fragile psychologiquement depuis le décès de son père, mort sous ses yeux d’un AVC quand il avait dix ans, pourrait s’en tirer s’il n’y avait pas l’alcool, explique sa mère.
Le jeune homme boit jusqu’à deux litres de rhum par jour, et a commencé à fumer du cannabis dès l’âge de 17 ans. Titulaire d’un Cap de cuisinier, il travaille régulièrement mais serait victime des coups réguliers de son propre frère.
Pas un pyromane
Interpellé le 13 février alors qu’il venait de mettre le feu à un tas “d’encombrants”, il n’avait avoué l’incendie de l’école qu’au bout de trois auditions, avant d’être placé en détention provisoire. Le 14 février, il avait obtenu un renvoi pour préparer sa défense. Cette dernière s’appuie sur le fait que l’expertise psychiatrique ne le qualifie pas de pyromane. Le prévenu ne tire aucune joie devant les flammes.
“J’ai peur de moi-même. Je considère ma vie comme un échec complet”, indique le jeune homme, dépressif, qui a commis plusieurs tentatives de suicide. M. est finalement condamné à 30 mois de prison dont douze assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans. Il devra indemniser la ville d’Hérouville d’une provision de 50 000 €, se soigner, et ne plus reparaître à Hérouville durant deux ans.
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