Etienne Adam, Alternative de gauche
“Première chose : il faut nommer un maire adjoint à la Culture, poste qui n’existe plus. Une ville doit se servir de la culture pour développer son attractivité qui passe par le bon vivre et non pas seulement par la réussite de grosses structures. Il faut ainsi développer une culture de proximité, en créant notamment plus de lieux de rencontre et de création culturelles dans chaque quartier. Le centre-ville traduit ce manque. Nous pourrions installer une fabrique culturelle, si des artistes sont intéressés par le projet, dans l’ancien cinéma Pathé de l’îlot Bellivet.
Pour renforcer le lien social, il faut que la culture vive. A la mairie de mettre à disposition des lieux favorisant la création et la diffusion. Par exemple pour les musiciens, il faut créer des salles de concert intermédiaires pour que les artistes puissent facilement rencontrer les publics de leur secteur. Il faut rééquilibrer les budgets alloués à certaines grosses entreprises culturelles, sans bien entendu les retirer intégralement, pour éviter la précarisation des compagnies indépendantes.”
Joël Bruneau, UMP
“Nous voulons recréer une relation de confiance entre les acteurs culturels et la Ville. Pour cela, nous voulons établir un dialogue, une réflexion permanente en se réunissant autour d’un conseil de la vie culturelle, qui favoriserait cette concertation. Il ne faut pas se mentir, les moyens ne sont pas illimités. Il faut favoriser une synergie entre les différents acteurs, et raisonner en “filière” : envisager la culture depuis les pratiques amateurs jusqu’à nos grandes institutions. Il faut, aussi, trouver les moyens de diffuser la culture dans toute la ville, dans des lieux plus ou moins repertoriés aujourd’hui, pour se rapprocher des Caennais quelque soit leur quartier. Il faut un événement phare comme moyen d’identification et de promotion vers l’extérieur. Booster un festival comme celui des Boréales, un événement pluridisciplinaire qui s’inscrit dans nos racines scandinaves. Avec l’ambition d’en faire aussi un moyen de développement économique : un festival de renommée nationale peut attirer des publics extérieurs et engendrer autant de retombées économiques.”
Pierre Casevitz, Lutte ouvrière
“Pour que la population ait accès à la culture, il faut déjà qu’on donne le goût dès le plus jeune âge aux activités culturelles. Pour cela, il faut des moyens pour l’instruction publique. Il y a de quoi être inquiet en ce moment sur les budgets alloués à la culture. Les coupes ont commencé sous Nicolas Sarkozy. Tout un tas d’associations, à commencer par des compagnies de théâtre caennaises, ont vu leurs subventions se réduire comme peau de chagrin. On a fait le coup du “Y a plus d’argent. Vous devez résorber le déficit” à des centres d’animation de quartier, comme on fait à tout un tas de services publics. Toutes ces structures ne rapportent par d’argent, ne sont pas dans un cadre d’économie de marché et leurs budgets sont fixés arbitrairement. A Caen, il faut que le budget accordé à la culture soit important. Il faut plus d’argent pour les associations et moins à destination de services lucratifs. Un certain nombre de compagnies privées sont payées parce qu’elles ont des concessions de service public et se font de l’argent là-dessus.”
Philippe Chapron, Front national
“C’est un dossier dans lequel beaucoup de choses doivent être remises à plat, notamment en ce qui concerne les financements. Il y a du tri à faire dans les subventions accordées. Beaucoup d’associations culturelles aux buts douteux perçoivent des fonds publics, sans trop de légitimité. Mais ça ne concerne pas que les petites structures.
Nous éviterons les dépenses qui n’apportent pas grand chose comme celles qui concernent les statuts sur la place Saint-Sauveur. Nous ne faciliterons pas non plus le financement du transfert du Fond régional d’art contemporain au quartier Lorge. C’est toujours gênant de consacrer autant d’argent pour acheter des œuvres à des prix toujours très élevés. Ces économies contribueront à faire baisser la fiscalité.
Aussi, nous veillerons à la qualité des spectacles proposés à Caen, afin d’éviter ceux qui portent atteinte à l’image de notre pays. Nous chercherons plus à aller dans le sens de l’exaltation de la nation. Il faut éviter de se servir de la culture pour présenter la France sous un aspect grotesque.”
Philippe Duron, union PS/PCF/PRG/MRC
“Nous avons fait énormément pour la culture. Nous avons notamment obtenu le label “Ville d’art et d’histoire”. Nous avons aussi rénover un patrimoine en déliquescence : le palais Ducal et le manège de la Guérinière, et demain, le quartier Lorge. La réhabilitation du théâtre, qui a 50 ans, est en cours. Ses équipements techniques sont très anciens. Cela était obsolète et devenait dangereux. Nous avions aussi pris l’engagement de créer une fabrique culturelle. C’est fait, au sein de l’ancien collège Jacquard. Cela conforte le soutien que nous souhaitons apporter à l’émergence. Demain, nous souhaitons accentuer l’accès de tous les publics à la culture. Nous avons aussi à améliorer la mise en réseau des différentes structures parce qu’ici, nous manquons de visibilité. Je pense par ailleurs que nous devons travailler à l’amélioration des pratiques amateurs, qu’il s’agisse de musique, de danse, de théâtre etc. Nous envisageons aussi de créer un festival pour enfants. En travaillant à l’évolution de leur sensibilité, nous faciliterons leur accès à la culture.”
Sonia de la Provôté, union UDI/MODEM
“Pour moi, la démocratie culturelle est en panne à Caen. La liste que je mène à un objectif : celui de co-construire la politique culturelle avec les acteurs de la culture. Il faut un maire adjoint à la culture. C’est une anomalie que la capitale régionale n’en dispose pas ! Il y a ici un tissu créatif très présent mais il n’est pas valorisé et n’a pas les moyens de s’exprimer. Nous souhaitons donc soutenir les pratiques amateurs et soutenir l’émergence caennaise, en multipliant les lieux de création. Nous voulons aussi faire vivre la culture dans le centre-ville et dans les quartiers car la culture est l’un des premiers outils de l’équité sociale. Je pense que les artistes caennais devraient par exemple pouvoir entrer dans les écoles. Pas pour enseigner mais pour échanger et partager sur leur art. Je voudrais qu’à Caen la culture soit partout et ne soit pas identifiée qu’au travers de quelques événements ou structures phare. La culture doit être accessible à tous. Et ça n’est pas parce qu’elle est accessible qu’elle ne fait pas grandir les gens. La culture est un bien commun.”
Rudy L’Orphelin, Europe ecologie les Verts
“Chaque Caennaise et Caennais est porteur de cultures et de récits, des liens qui se nouent autour d’eux ; tout ceci constitue, dans sa diversité, la “chair” de notre ville. L’enjeu n’est plus seulement l’accès à la culture, mais bien l’appropriation et la pratique, l’échange et le partage, dans tous nos quartiers. Ainsi nous soutiendrons les pratiques émergentes, afin qu’elles trouvent leur juste place dans l’espace public. Pour que la création soit au plus près des citoyens, nous proposons qu’à chaque nouvelle construction ou réhabilitation d’immeuble, de logements ou de bureaux, un studio soit dédié à une résidence d’artiste, ouverte à toutes les formes d’expression. Nous créerons également un village agri-culturel accueillant artisans, associations culturelles et maraîchers au quartier Lorge afin de soutenir les productions locales et les échanges. Nous soutiendrons la création indépendante locale, en faisant contribuer les grandes institutions culturelles et en menant des partenariats pérennes avec les porteurs de projets et les usagers.”
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.