L'Origine du grand Pardon de Granville
Chaque année, au mois de juillet, le « Grand Pardon » de Granville attire une foule vivante et colorée sur les quais du port ou dans la salle de la « Criée » pour les manifestations religieuses et folkloriques qui s'y déroulent. De nombreux prélats tiennent à honneur à célébrer la Messe en plein air : l'après-midi, c'est la bénédiction de la mer, au milieu de la flottille granvillaise qui arbore le grand pavois : le soir, une procession aux flambeaux se rend en chantant jusqu'à l'église Notre Dame qui domine le port, et la journée se termine par un feu d'artifice.
Quelle peut être l'origine de cette manifestation populaire qui attire tant de curieux, de pèlerins, de chrétiens chaque année à Granville ? Certains ont voulu la trouver dans les « pardons » bretons qui célèbrent bruyamment le départ en grande pêche ; certes, Granville est allée pendant plus d'un siècle sur les bans de Terre-Neuve, mais le départ se fêtait au Carnaval. D'autres y ont vu une fête des corporations : les bannières portées dans les processions en sont une marque ; mais cette coutume de faire participer les artisans au Pardon est relativement récente, et elle ne se pratique plus.
Pourquoi donc y-a-t-il un «Pardon» à Granville et comment cela a-t-il commencé ?
A vrai dire, la coutume du «Grand Pardon» de Granville n'est pas très ancienne ; soixante années ou à peu près. Elle est née dans des circonstances exceptionnelles et les premiers qui l'ont organisée étaient bien loin de se douter qu'ils allaient ancrer une tradition.
Il y a donc soixante ans, durant les années 1940-44, la France subissait l'occupation étrangère, en application de l'armistice de juin 40. Granville, que sa qualité de port et sa situation sur la Manche, en face de l'Angleterre, désignait comme un point stratégique se vit alors gratifiée de nombreux contingents militaires de toutes armes, et son port reçut jour et nuit de nombreux navires ; la réglementation maritime était sévère : les entrées et les sorties des petits bateaux de pêche étaient étroitement surveillées et le couvre-feu était implacable.(...)
(....) Si l'amour de Marie est dans ton coeur gravé En passant ne t'oublie de lui dire un « Ave » Voilà pourquoi, tous les ans, l'un des derniers dimanches de juillet, en souvenir de cette Libération triomphale, la foule se presse à Granville derrière la statue de Notre-Dame du Cap-Lihou installée sur une barque tirée par des sauveteurs en mer (S.N.S.M.) et monte en chantant le cantique jusqu'à l'église Notre-Dame qui l'accueille une fois de plus : c'est ainsi que Granville célèbre son « Grand Pardon »
Jean BEASSE
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