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Les rues défient la mémoire collective à Caen

Certains noms de rue ou de place sont aussi familiers que ceux de nos proches...

Les rues défient la mémoire collective à Caen

Pourtant, peu de personnes savent qui se cachent derrière ces noms. En novembre dernier à Caen, en petit comité, le boulevard Jean Moulin du nom du célèbre résistant de la Seconde guerre mondiale remplaçait le boulevard Weygand, ministre de la Défense nationale dans le Gouvernement de Vichy. Philippe Duron, le maire de Caen, avait expliqué le retrait du nom du général français, par son soutien selon lui “trop insistant à l’idée d’une capitulation durant la Seconde guerre mondiale”.

La politique s’en mêle

La dénomination des rues relève souvent de décisions politiques, de leur genèse à leur adoption en conseil municipal. “C’est parce que Caen a toujours été à droite avant que Philippe Duron soit élu en 2008, que peu d’hommes ou de femmes politiques de gauche ont une rue à leur nom dans la capitale bas-normande”, explique Yves Lecouturier, historien. En mai 2011, le quai François Mitterrand du nom du président français de 1981 à 1995 est ainsi venu remplacer le quai Cafarelli, préfet sous le Second Empire. Il ne lui reste aujourd’hui plus qu’un cours.

Présent dans de nombreuses ville de France depuis des années, Pierre-Mendès France faisait partie des grands oubliés. Réparation  faite en janvier 2013 dans le quartier des Rives de l’Orne. Certains noms ont traversé les siècles sans être débaptisées, notamment ceux liés l’histoire chrétienne de la ville, comme les rues Saint-Pierre et Saint-Jean ou la place Saint-Sauveur. D’autres remontent au Moyen-Age comme la rue écuyère qui abritait jadis la résidence des écuyers.

Dans la partie du quartier de Venoix sortie de terre dans les années 1960, de nombreux axes renvoient à l’époque moyenâgeuse: Charlemagne comme l’empereur, Brocéliande comme la forêt, Hennin comme la coiffe du XVe siècle, Mélusine comme la fée ou encore Durandal en écho à l’épée mythique du chevalier Roland. Maire adjoint à l’époque, Victor Priout a ainsi laissé une trace de sa passion pour cette période.

A quelques pas, la rue Nelson Mandela évoque le premier président noir de l’Afrique du Sud disparu en décembre dernier. Le 20 septembre, la crèche du quartier Beaulieu était baptisée Madiba en référence au clan de l’ethnie Xhosa, dont est issu le champion de la lutte anti-apartheid. Avoir une aura internationale n’est pas une condition sine qua non pour donner son nom à une rue. Il s’agit parfois d’une simple opportunité. Ainsi, Charles Prunier, ancien directeur de l’école primaire de Venoix, mort en 1957 en pleine expansion résidentielle du quartier. Une allée est consacrée à sa mémoire quelques semaines plus tard.

L’esplanade Jo Tréhard

L’histoire locale marque également les plans des villes. L’avenue du 6 juin évoque la Libération de 1944. Dès les années 30, la mairie souhaitait créer un grand boulevard en centre-ville. Il fallut attendre les bombardements pour que des bulldozers canadiens tracent cette grande voie en déblayant les décombres. Les Britanniques firent de même avec le boulevard Yves Guillou, l’un des grands artisans de la reconstruction de la ville détruite. Les noms des héros militaires de l’époque sont tout autant présents : de Gaulle a son lycée, Leclerc et Juin, leur boulevard. Avoir une rue à son nom ne permet pas toujours d’entrer dans la mémoire collective. Connaissez vous l’esplanade Jo Tréhard, le plus illustre des metteurs en scène caennais? Il s’agit en fait de la place du théâtre.

Repères

> Combien.  1 100 noms de rues, places, etc... à Caen, dont 16 sont apparus en 2013. 340 plaques ont été volées l’an dernier. La palme revient à Léonard de Vinci et à la rue aux Juifs.

> Les maires.  Les anciens maires de Caen sont une source d’inspiration privilégiée : Vendeuvre, Berthauld, Toutain, Perotte, Marie, Detolle, Guillou ou Louvel...

> Malherbe.  Le poète Malherbe qui mit en forme la langue française moderne au XVIIe siècle n’a pas de rue à son nom, mais un lycée et un club de football.

> Oublié.  Il n’existe aucune référence à Jean de Crèvecœur, un caennais célèbre, expatrié aux Etats-Unis et qui ramena en France la pomme de terre au XVIIIe siècle.

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