Le 26 septembre, un avocat rouennais reçoit un appel pour assurer la défense d’un étranger, retenu au centre administratif de Oissel. Dès le lendemain, il doit intervenir devant le tribunal administratif. L’avocat s’y rend pour plaider. La famille lui tend une enveloppe, laquelle contient ses honoraires. Le compte n’y est pas. Qu’importe !
Le lendemain, l’avocat poursuit ses démarches devant le juge de la liberté et de la détention. Il obtient la libération de son client début octobre. C’est alors qu’une voie féminine l’appelle à plusieurs reprises afin d’obtenir des informations sur la localisation de son client. Il s’y refuse, secret professionnel oblige. Le 9 octobre, en fin de matinée, deux femmes, accompagnées d’un homme, des connaissances de l’étranger défendu, parviennent, sous un motif fallacieux, à s’introduire dans son cabinet. Le ton monte.
De vraies furies ?
Les femmes réitèrent leurs demandes en tapant sur la borne d’accueil. Elles bloquent la porte, n’hésitant pas à repousser avec force les deux avocats présents. L’avocat agressé tente de sortir; il est rattrapé et griffé.
Face au tribunal correctionnel de Rouen, récemment, les deux inculpées ont nié. “Il m’a étranglée”, s’est justifiée l’une d’elles. Les griffures ? “C’était la seule façon de me libérer !”. “Je ne suis pas là pour un lynchage judiciaire mais je suis là pour être aux côtés de deux avocats qui ont été agressés”, a entamé Me Lescène, bâtonnier de l’ordre des avocats de Rouen. “Je n’apprécie pas cette façon de disqualifier l’avocat. S’il y a un problème d’honoraires, on saisit le Bâtonnier ! Je constate qu’il a bien rempli sa mission puisque que son client a été libéré ! On n’hésite pas à sortir un tissu de mensonges pour se défendre, c’est insupportable”, a-t-il martelé.
Les prévenues ont écopé de trois mois de prison avec sursis. En outre, elles devront verser 2 000 € à chaque avocat.
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