Orelsan, Concrete Knives, Granville, Lanskies, Beataucue, Superpoze... la liste des têtes d’affiche de la scène musicale caennaise s’allonge et trouve aujourd’hui des débouchés au-delà de nos frontières. Comme la partie émergée d’un iceberg, elle cache cependant des parcours très divers et semés d’embuches qu’empruntent les groupes avant de réussir à se faire un nom.
Un bon maillage de salles dans l’aglomération
“Notre région a un peu de retard dans ce domaine”, estime Damien Maurice qui accompagne chaque année plusieurs groupes dans le cadre de la salle de musiques actuelles du Cargö. “Notre secteur doit être vu comme une vraie filière économique. Aujourd’hui, il nous manque l’équivalent d’une pépinière d’entreprises pour développer la création”.
Pour autant, de nombreuses structures tentent d’apporter à Caen des solutions aux artistes. L’agglomération dispose par exemple d’un bon maillage de salles de diffusion et compte deux “tourneurs” à la réputation nationale: Dakatour et Les Tontons tourneurs se chargent de trouver des dates de concerts aux groupes dont ils s’occupent. “Aujourd’hui, ce sont ces concerts qui rapportent de l’argent et permettent à nos groupes d’exister”, souligne Bénédicte Le Pennec, également en charge de l’accompagnement de la scène régionale à l’agence musicale régionale, le FAR. “Les CD, eux, alimentent l’actualité d’un groupe et font parler de lui”. A condition d’être distribués de manière efficace.
Pas un seul label professionnel
C’est l’objet du récent “Réseau alternatif de distribution des artistes régionaux” (RADAR) mis en place par le TFT Label, qui souhaite disséminer sur le territoire régional les productions locales, pour les rendre plus visibles.
A Caen, une douzaine de labels discographiques (sociétés éditrices de musique) oeuvrent pour soutenir et promouvoir des artistes. Mais aucun ne peut se prévaloir d’être un label professionnel. “Nus n’avons pas les moyens d’investir massivement sur un projet. Avec 1 500 euros, on peut faire un CD, mais il faut plusieurs dizaines de milliers d’euros pour lancer un album solide”, estime Damien Maurice.
La spécificité de l’agglomération repose sur ce réseau indépendant formé de multiples organismes peu visibles, dont chacun joue un rôle dans la promotion de la scène locale. “Mais les groupes ne peuvent pas en dépendre, réagit Bénédicte Le Pennec. Ils doivent eux aussi mettre la main à la pâte pour créer leur projet et se faire connaître”.
Sur les 200 à 300 groupes présents dans l’agglomération, une grande majorité a recours aux labels. D’autres, comme le groupe Drytown project, existent sans leur soutien. “Nous leur faisons confiance pour mettre en avant des groupes qui peuvent avoir un écho plus important”, conclut Philippe, le guitariste de la formation.
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