Cette aventure se présente mal, avec un président de la République dans le trente-sixième dessous et une opinion française plus que réticente. L'Elysée et Matignon ne se font pas d'illusions : ils ne convaincront pas les syndicats. Tout ce qu'espèrent Sarkozy et Fillon est d'arriver à boucler un avant-projet avant l'été, sans déclencher un mouvement de grève nationale aussi ravageur que celui de 1995. Après quoi, ce texte sera soumis au Conseil d'Etat et au conseil d'administration des caisses d'assurance vieillesse. Puis il sera présenté en conseil des ministres en juillet et au Parlement en septembre.
Qu'y aura-t-il dans le projet ? Personne n'en sait rien pour le moment ; même pas Sarkozy lui-même, qui s'est tiré d'avance une balle dans le pied en annonçant que le bouclier fiscal reste tabou. Ce qui réduit encore les possibilités de financer une réforme. Recul de l'âge de la retraite ? Allongement de la durée d'assurance ? Augmentation des cotisations ? Fiscalité ? Tout juste le chef de l'Etat a-t-il fait allusion à un prélèvement spécifique pour la retraite, sans préciser ce qu'il entendait par là. Selon un sondage diffusé le 11 avril, six Français sur dix (de même que les syndicats sauf la CGC) seraient opposés au recul de l'âge de départ à la retraite : nouvelle manifestation de notre particularisme national, alors que nos partenaires européens envisagent calmement l'idée d'une retraite à 65 ans ou plus.
Le problème est incontournable et ne saurait être écarté par des incantations. Le système français de retraite (fondé sur la solidarité entre les générations) est asphyxié par la baisse démographique, fruit des comportements familiaux de la génération du baby-boom. L'arrivée de cette même génération à l'âge de la retraite, jointe au chômage de masse et à l'allongement de l'espérance de vie, aboutit à cette situation : une retraite française sur dix n'est financée que par la dette. Et la situation va s'aggraver rapidement. Dans un tel climat, on peut se demander comment Sarkozy compte réaliser ce grand écart : persuader les Français qu'on ne touchera pas au système de retraite par répartition ; mais aussi persuader les marchés financiers (et les agences de notation ennemies des Etats) que la France va réduire ses déficits publics.
Qu'y aura-t-il dans le projet ? Personne n'en sait rien pour le moment ; même pas Sarkozy lui-même, qui s'est tiré d'avance une balle dans le pied en annonçant que le bouclier fiscal reste tabou. Ce qui réduit encore les possibilités de financer une réforme. Recul de l'âge de la retraite ? Allongement de la durée d'assurance ? Augmentation des cotisations ? Fiscalité ? Tout juste le chef de l'Etat a-t-il fait allusion à un prélèvement spécifique pour la retraite, sans préciser ce qu'il entendait par là. Selon un sondage diffusé le 11 avril, six Français sur dix (de même que les syndicats sauf la CGC) seraient opposés au recul de l'âge de départ à la retraite : nouvelle manifestation de notre particularisme national, alors que nos partenaires européens envisagent calmement l'idée d'une retraite à 65 ans ou plus.
Le problème est incontournable et ne saurait être écarté par des incantations. Le système français de retraite (fondé sur la solidarité entre les générations) est asphyxié par la baisse démographique, fruit des comportements familiaux de la génération du baby-boom. L'arrivée de cette même génération à l'âge de la retraite, jointe au chômage de masse et à l'allongement de l'espérance de vie, aboutit à cette situation : une retraite française sur dix n'est financée que par la dette. Et la situation va s'aggraver rapidement. Dans un tel climat, on peut se demander comment Sarkozy compte réaliser ce grand écart : persuader les Français qu'on ne touchera pas au système de retraite par répartition ; mais aussi persuader les marchés financiers (et les agences de notation ennemies des Etats) que la France va réduire ses déficits publics.
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