Ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Luc Besson a lancé officiellement, ce lundi 2 novembre, le débat sur... l'identité nationale. Il se déroulera jusqu'au 31 janvier 2010 ; ce sera une consultation sur internet (www.debatidentitenationale.fr) dans les départements. Pour rendre la chose plus vivante, des réunions locales seront organisées par les préfets et les élus, députés, sénateurs ou eurodéputés : elles seront ouvertes au public et aux associations, syndicats, enseignants et représentants des cultes.
Une synthèse sera présentée le 4 février, lors dun colloque, par le ministre.
Quen attend-il ? « Cela va nous permettre dessayer de redéfinir ce que nous retenons de notre passé, parce que nous sommes les héritiers dun patrimoine riche, ce que sont nos valeurs daujourdhui liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité, égalité homme-femme et ce que va être notre avenir commun », déclare Eric Besson dans une vidéo sur le site internet quil vient douvrir.
Cette explication néclaire pas beaucoup, pour deux raisons :
- dune part, des valeurs comme la laïcité, légalité homme-femme, la liberté, etc ne sont pas constitutives dune quelconque identité nationale : ce sont des valeurs démocratiques, donc partagées par toutes les démocraties de la planète ; sen réclamer est honorable mais ne définit en rien ce que sera le fait dêtre Français (et non Brésilien ou Canadien) au XXIe siècle ;
les historiens font une autre objection : décider ce que nous « retenons » (ou pas) du passé national « nest pas une attitude dhéritier mais de visiteur ou de consommateur ». Le résistant et grand historien Marc Bloch, fusillé par les Allemands en 1944, disait : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais lhistoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims, et ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »
Finis les Gaulois
Les sociologues ne raisonnent pas comme les historiens. A leur sens, la population de lHexagone (et des autres pays dEurope) est en train de se modifier si profondément que cela met en question son rapport à la mémoire nationale. Les organisateurs du débat sur lidentité soulignent eux-mêmes quil sagit de cesser denseigner aux enfants le fameux « nos ancêtres les Gaulois ». Mais si lidentité nationale ne peut plus se définir en termes de mémoire et de culture commune, et si on lui substitue ladhésion aux principes universels de la démocratie, nest-ce pas lidée même de nation qui devient obsolète ? Eric Besson se prépare-t-il à faire ouvertement cette constatation lors du colloque du 4 février ? Cest peu probable : leffet électoral sen ressentirait. Il faut donc sattendre à des conclusions évasives.
Une synthèse sera présentée le 4 février, lors dun colloque, par le ministre.
Quen attend-il ? « Cela va nous permettre dessayer de redéfinir ce que nous retenons de notre passé, parce que nous sommes les héritiers dun patrimoine riche, ce que sont nos valeurs daujourdhui liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité, égalité homme-femme et ce que va être notre avenir commun », déclare Eric Besson dans une vidéo sur le site internet quil vient douvrir.
Cette explication néclaire pas beaucoup, pour deux raisons :
- dune part, des valeurs comme la laïcité, légalité homme-femme, la liberté, etc ne sont pas constitutives dune quelconque identité nationale : ce sont des valeurs démocratiques, donc partagées par toutes les démocraties de la planète ; sen réclamer est honorable mais ne définit en rien ce que sera le fait dêtre Français (et non Brésilien ou Canadien) au XXIe siècle ;
les historiens font une autre objection : décider ce que nous « retenons » (ou pas) du passé national « nest pas une attitude dhéritier mais de visiteur ou de consommateur ». Le résistant et grand historien Marc Bloch, fusillé par les Allemands en 1944, disait : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais lhistoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims, et ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »
Finis les Gaulois
Les sociologues ne raisonnent pas comme les historiens. A leur sens, la population de lHexagone (et des autres pays dEurope) est en train de se modifier si profondément que cela met en question son rapport à la mémoire nationale. Les organisateurs du débat sur lidentité soulignent eux-mêmes quil sagit de cesser denseigner aux enfants le fameux « nos ancêtres les Gaulois ». Mais si lidentité nationale ne peut plus se définir en termes de mémoire et de culture commune, et si on lui substitue ladhésion aux principes universels de la démocratie, nest-ce pas lidée même de nation qui devient obsolète ? Eric Besson se prépare-t-il à faire ouvertement cette constatation lors du colloque du 4 février ? Cest peu probable : leffet électoral sen ressentirait. Il faut donc sattendre à des conclusions évasives.
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