Son adoption a fait largement débat au Parlement. Une proposition de loi visant à étendre les listes paritaires aux communes de moins de 1 000 habitants a été définitivement adoptée en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, lundi 7 avril. Cette réforme du scrutin municipal va donc s'appliquer dès 2026 à l'occasion des prochaines élections, pour 25 000 communes en France.
"On a déjà du mal à constituer des listes"
Ces collectivités de petites tailles ne comptent que 37,6% de femmes élues au sein des conseils municipaux. Favorable à l'instauration de la parité dans les communes de moins de 1 000 habitants, l'association des maires ruraux s'inquiète en revanche de la possibilité pour les toutes petites communes de trouver des candidates. "La parité, elle est fondée, c'est une réelle avancée démocratique mais le problème dans nos petites communes rurales, c'est qu'on a déjà du mal à constituer des listes et cette nouvelle contrainte risque de décourager des vocations", explique Jean-François Lemesle, président des maires ruraux de Seine-Maritime.
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Sur les 707 communes du département de Seine-Maritime, environ 661 comptent moins de 3 500 habitants, parmi lesquels une large majorité de villages de moins de 1 000 habitants. Certains d'entre eux n'ont pas attendu l'adoption de la réforme du scrutin municipal pour constituer des listes paritaires. "Nous, on est à peu près à 60 – 65% de femmes dans le conseil municipal, lance fièrement Dominique Rousseau, le maire de Bardouville, près de Rouen, qui compte 612 habitants. Associer les deux genres, ça a toujours été un peu le leitmotiv ici."
Moins de 20% des maires sont des femmes
"Pour moi c'est simplement une répétition de ce qui existe déjà", lance de son côté Jack Meng, le maire de la Bouille qui compte 14 élus dont 7 femmes et 7 hommes au conseil municipal, en plus du maire. "C'est une réforme qui va dans le bon sens, il faut tout de même être prudent pour les communes qui ont des difficultés, il faut de la souplesse." Celle-ci est prévue dans les textes. Certaines communes, en fonction de leur taille, sont autorisées à proposer des listes incomplètes dès lors qu'elles respectent un seuil minimum de femmes.
Selon les chiffres de la Direction générale des collectivités locales (DGCL), la présence des femmes dans les conseils municipaux est passée de 3,1% en 1947 (trois ans après l'adoption du droit de vote des femmes) à 42,4% en 2020. Malgré ces avancées, les têtes de liste restent très masculines. Toujours selon la DGCL, moins de 20% des maires de France sont des femmes. Des chiffres qui pourraient bouger donc en 2026.
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