Ils viennent du Danemark, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de Belgique et de France. Vingt-huit scientifiques sont réunis sur la côte d'Albâtre, du lundi 31 mars au mercredi 2 avril, pour trois jours d'échanges autour de leur objet d'étude principal : la craie. Ces géologues, hydrogéologues, sédimentologues, ingénieurs ou chercheurs étudient notamment les écoulements d'eau au sein de cette roche poreuse, qui constitue l'un des plus grands réservoirs d'eau douce d'Europe. On appelle cela un aquifère.
2 000 litres d'eau douce par seconde
"La craie est présente dans tous nos pays, détaille Pierre-Yann David, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), soit sous forme d'affleurements (falaises), comme à Etretat ou à Douvres, en Angleterre, soit en profondeur jusque dans les Flandres, aux Pays-Bas, au Danemark." Un vaste ensemble, appelé le Bassin anglo-parisien, s'étend sur tout le pays de Caux, mais aussi sous Paris, jusqu'au sud de l'Angleterre et sous Londres.
C'est pour échanger sur leurs travaux consacrés à cet aquifère européen que ces scientifiques issus de bureaux géologiques ou d'universités se retrouvent. Un séminaire ponctué par des sorties sur le terrain, à Etretat, Fécamp ou encore à Yport, où ils se trouvaient mardi 1er avril, pour observer un phénomène exceptionnel : la résurgence d'une source karstique, c'est-à-dire l'arrivée d'une rivière souterraine formée dans la roche calcaire.
La source karstique d'Yport est le plus bel exemple de résurgence d'une source souterraine sur l'ex-Haute-Normandie. - BRGM
"L'eau de pluie agit comme un vinaigre sur la craie et dissout la roche avec le temps, détaille Pierre-Yann David, cela forme des vides, en profondeur, ce qui peut générer des écoulements souterrains." La source d'Yport draine des eaux de tout le pays de Caux, jusqu'à Bolbec ou Lillebonne, qui ressortent à 2 000 litres (2m3) par seconde sur le rivage d'Yport. Un phénomène observable à marée basse.
L'impact du changement climatique
"C'est très intéressant, on apprend les uns des autres, selon Hannes Claes, chercheur à l'université de Louvain, en Belgique, les affleurements ici en Normandie permettent de mieux comprendre ce qui influence la perméabilité, comment l'eau s'écoule, etc." Ce géologue espère désormais "monter un projet de recherche à l'échelle européenne pour continuer cette collaboration".
Le groupe Euro Chalk a ainsi été créé. L'enjeu est notamment de travailler sur le changement climatique. "Avoir une meilleure connaissance de cette roche nous permet de mieux comprendre quels seront les impacts sur la ressource en eau dans les aquifères ou sur le débit des rivières", conclut Pierre-Yann David.
Des scientifiques spécialistes de la craie sur la côte d'Albâtre
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