L'accusé, 43 ans, a nié les faits tout au long du procès à la cour d'assises du Calvados, qui a commencé lundi 31 mars. Mardi 1er avril, ce père de famille a été reconnu coupable dans la mort de son bébé de 3 mois. Rappel des faits, le 19 juin 2018, il appelle les secours car son enfant, alors âgé de 3 mois, convulse. Après examen au CHU de Caen, le docteur prévient qu'il va faire un signalement, car son petit patient présente les symptômes du bébé secoué.
Les parents sont entendus et l'homme nie avoir secoué son fils. La mère, aide-soignante de nuit, n'était pas au domicile cette nuit-là. Durant le procès, le père de famille va continuer de nier et sa famille entière fait bloc autour de lui, le présentant comme "un père exemplaire, très protecteur et papa poule". Ils diront "c'est impossible qu'il ait fait ça".
"Il n'y a aucune explication médicale possible. Il a donc été secoué"
Trois médecins experts légistes, qui ont examiné le corps de l'enfant, expliquent que "les blessures et traumatismes sont compatibles avec un bébé secoué. Aucune autre anomalie ou maladie n'a pu être diagnostiquée". Un psychiatre et une psychologue ont rencontré l'accusé. Ils reconnaissent que c'est un homme "posé, agréable, qu'il n'a aucun trouble intellectuel". Selon eux, le père "ressent beaucoup de culpabilité de ne pas avoir sauvé son enfant. Il ne connaissait pas les gestes de premier secours". Il ne dissimule rien, mais cherche à comprendre ce qui s'est passé.
Dans son réquisitoire, l'avocat général explique que le décès de l'enfant n'est pas naturel. Que s'est-il passé ce 19 juin 2018 ? Un tiers est responsable de la mort du nourrisson. Les médecins disent qu'il n'y a "aucune explication médicale possible. Il a donc été secoué". L'avocate de la défense rappelle que son client est présumé innocent et que le doute doit lui profiter. Et dans cette affaire, des doutes, il y en a.
"Cela fait 7 ans qu'il clame son innocence. On n'a pas cherché ailleurs la cause de cette mort. Il est rongé par le chagrin d'avoir perdu son fils. Doit-il aller en prison comme le demande l'avocat général ?" Elle réclame l'acquittement.
Après délibéré, Sébastien Krowicki, reconnu coupable, est condamné à 5 ans de prison dont 3 avec sursis probatoire pendant 2 ans. Les 2 ans ferme seront faits sous bracelet électronique. Il a également une obligation de soins psychologiques, inéligibilité durant 3 ans et conserve tout de même l'autorité parentale.
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