Le 26 juillet 2016, à Saint-Etienne-du-Rouvray, avait lieu l'assassinat du père Hamel. Roseline Hamel perdait un frère : Jacques. Nassera Kermiche, elle, perdait un fils : Adel, un des deux terroristes tués après l'attentat. Huit ans après, elles racontent leur rencontre et leur blessure à travers un livre, Sœurs de douleur, sorti fin février. Roseline Hamel revient sur cette amitié inimaginable.
Quelques mois après l'attentat,
vous avez rencontré Nassera Kermiche ?
"Le but de cette rencontre était que l'on puisse toutes les deux gérer cette douleur ensemble, plutôt que chacune de notre côté à des kilomètres de distance à se morfondre. Et je peux dire aujourd'hui que ce chemin de paix, que nous parcourons ensemble, nous a redonné ce souffle de vie et une force pleine d'espérance."
Qu'est-ce qui vous a décidé
à vous rencontrer ?
"Après plusieurs semaines de recherche d'un sens à ma vie, je me suis dit :
'Qui peut souffrir plus que moi de ce terrible moment ?' Moi, je suis une maman, j'ai deux fils, et je me suis demandé, si c'était moi la mère du fils qui avait commis cet acte, quelle serait ma douleur ? C'est là que je me suis dit que la pauvre (Nassera Kermiche) devait avoir un manteau de culpabilité. Elle a été désarmée devant cet embrigadement de son fils dans le terrorisme. Et j'ai eu le courage de lui téléphoner."
Vous revenez, presque heure par heure, sur les détails de la journée du 26 juillet…
"C'était un choix de l'écrivain Samuel Lievens. Nassera et moi, nous n'en avions jamais parlé aussi précisément. C'était trop douloureux. Nous avons toutes les deux vécu la même angoisse, à peu de distance."
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.