Plus personne ne réside dans le bâtiment la Feuilleraie à Mondeville. Une opération était engagée depuis vendredi 21 mars afin que l'ensemble des occupants quittent les lieux. Mercredi 26 mars, il n'y a plus personne. Ce bâtiment utilisé par l'Etat comme solution d'hébergement d'urgence depuis 2017 se trouve dans un état dangereux.
Des vies en danger
Utilisée depuis 2017 à ce titre, la demeure n'apportait pas des conditions d'hébergement satisfaisantes aux plus de 150 personnes y résidant. C'est le constat partagé par les services de l'Etat et les pompiers lors de l'hiver 2024. En avril, la maire de Mondeville a pris un arrêté de mise en sécurité mettant en demeure le propriétaire de réaliser des travaux. "Ce qui m'a conduit à prendre l'arrêté, c'est surtout que les pompiers m'ont dit qu'en cas d'incendie, la vie des habitants et des secouristes seraient mises en danger", se rappelle Hélène Burgat.
Constatant que le propriétaire, Erwan Laborie, n'avait rien réalisé dans ce bâtiment qui était l'ancienne demeure du directeur de la SMN, la Société métallurgique de Normandie, la préfecture a résilié le contrat de marché public en août. Dans la foulée, l'Etat a proposé une solution de relogement à tous les occupants. Certains sont partis, d'autres sont restés à leurs risques et périls, se considérant bien ici, avec parfois des enfants scolarisés à proximité.
Le propriétaire indélicat avait aménagé jusqu'à 42 logements dans le bâtiment, parfois même dans les caves, où pouvaient vivre des familles.
Des plaintes déposées
Début 2025, un nouveau constat a été effectué : rien n'a changé. "Nous étions au bout des procédures juridiques", affirme le préfet Stéphane Bredin. Alors une nouvelle fois, des solutions de relogement ont été proposées aux familles, principalement géorgiennes et albanaises, y compris celles entrées dans le bâtiment illégalement depuis la résiliation du marché public.
Ainsi, plus personne s'y trouve désormais. Dans le même temps, des signalements ont été faits au procureur de la République, qui a ouvert une enquête, envers ce propriétaire défaillant, qui "malgré les rumeurs ou incertitudes, est Erwan Laborie", selon le préfet. Des plaintes ont été déposées au pénal, au civil.
Une décharge à ciel ouvert se trouve derrière le bâtiment.
En espérant une rénovation ?
Pour le moment, le bâtiment est sécurisé pour éviter que personne ne s'y réinstalle. Hélène Burgat pense savoir que le propriétaire essaie de vendre la demeure et a déjà contacté des promoteurs. "C'est un bâtiment historique sur le plateau, auquel les habitants sont extrêmement attachés. Nous serons vigilants au fait qu'il soit restauré, pas démoli, et qu'il retrouve sa valeur d'antan", poursuit la maire. Au moins, plus personne ne vit dans ce lieu dangereux qui aurait pu conduire à un drame.
Hélène Burgat
Les entrées de la Feuilleraie ont été condamnées pour éviter un retour d'habitants.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.