Est-il le premier d'une série d'arrivées de narcotrafiquants ? Mohamed Amra a été incarcéré au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, mercredi 26 février, après neuf mois de cavale et la fusillade mortelle au péage d'Incarville (Eure) en mai. Son emprisonnement s'inscrit dans le projet du ministre de la Justice Gérald Darmanin.
L'établissement situé près d'Alençon pourrait accueillir les 100 plus gros narcotrafiquants de France à partir du 31 juillet. Il figure dans les options retenues par le garde des Sceaux pour isoler ces criminels et pour "qu'ils ne commandent pas de point de deal ou d'assassinat", soulignait-il lors de sa visite dans l'Orne, le 17 février.
"Inquiet pour le personnel"
La CGT de l'Orne a envoyé une lettre ouverte aux élus locaux sur "le fait de rassembler autant de narcotrafiquants dans un même établissement". Sans remettre en cause la sécurisation de l'établissement, "on s'inquiète pour le personnel et toutes les personnes extérieures qui rentrent pour venir travailler", explique Isabelle Ledoux, secrétaire départemental de la CGT de l'Orne.
Le syndicat s'interroge également sur "la protection des familles des personnels" et "les critères spécifiques pour le recrutement du personnel de surveillance", en évoquant également "les potentielles conséquences sécuritaires pour la population d'Alençon et ses alentours avec l'arrivée de détenus ayant des moyens financiers et logistiques importants".
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Ecoutez ici Isabelle Ledoux :
Un projet "indispensable"
Pour l'ancien directeur de la prison de Fleury-Mérogis et actuel maire d'Alençon, Joaquim Pueyo, le projet de Gérald Darmanin est "indispensable". "Il fallait absolument trouver des établissements qui ont des structures de sécurité très pointues", développe l'édile, pour "donner du sens à la peine".
Mais selon lui, la qualité de l'établissement n'est pas l'unique mesure pour choisir la prison qui accueillera les 100 narcotrafiquants. "Les forces de l'ordre et les magistrats devront être renforcés. Tout l'environnement doit être pris en compte", appuie-t-il.
Ecoutez ici Joaquim Pueyo :
Une première prison va accueillir les 100 plus gros narcotrafiquants fin juillet, mais il en faudra d'autres ensuite. Gérald Darmanin évalue à "600 à 700" le nombre de narcotrafiquants "qu'il faudrait mettre à l'isolement".
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