Je me rends à la patinoire de Caen la Mer un peu avant 10h. L'entraînement de l'équipe D1 des Drakkars de Caen touche à sa fin. Derrière le hublot, j'observe les dernières glissades, les tirs de palets… et même quelques pompes sur la glace. Après une heure et demie d'efforts, la patinoire est marquée par d'innombrables traces de patins. Impossible d'accueillir le grand public dans ces conditions. Heureusement, Fabrice Tanguy, le chef de piste, a une solution presque magique : la surfaceuse.
L'heure du ballet mécanique
Cette machine imposante est l'alliée indispensable de toutes les patinoires. Sa mission ? Redonner à la glace son aspect lisse et immaculé. Elle enlève le surplus de glace, comble les creux laissés par les lames des patins et dépose une fine couche d'eau chaude pour uniformiser la surface. A l'arrière du véhicule, une lame racle la glace sur un à deux millimètres de profondeur, avant que l'eau ne vienne la polir. Une opération minutieuse, que Fabrice Tanguy répète entre 10 et 12 fois par jour pour garantir une qualité optimale. N'ayant pas le permis adéquat pour conduire l'engin, je m'installe en amazone sur la surfaceuse, perchée entre le pot d'échappement et le réservoir d'huile.
Le moteur vrombit, et nous entamons notre lente progression sur la glace. Bercée par le bruit sourd de la machine, je me laisse gagner par une vague de nostalgie. Mes souvenirs d'enfance resurgissent : les sorties scolaires à la patinoire, les vestiaires aux odeurs mêlées de chaussures humides et de plastique, l'excitation de nouer ses patins avant de s'élancer sur la glace… L'envie me prend soudain de rechausser les lames et de retrouver ces sensations. Pendant ce temps, Fabrice Tanguy, concentré, manœuvre la surfaceuse avec précision. Chaque passage doit être calculé pour que la glace soit lissée de manière homogène. Il ajuste la vitesse, surveille la pression de la lame, vérifie que l'eau chaude se dépose bien. Un véritable ballet mécanique qui, en quelques minutes, transforme la surface cabossée en un miroir scintillant.
Une fois son travail terminé, Fabrice Tanguy reprend son rôle de chef de piste. Si la patinoire est majoritairement utilisée par les clubs de hockey et de patinage artistique, elle est aussi ouverte chaque jour au grand public. Fabrice Tanguy s'occupe de l'ambiance musicale en lançant une playlist dynamique. Mais il veille surtout à la sécurité des visiteurs, surveillant les chutes et intervenant au besoin, que ce soit pour calmer une querelle entre adolescents ou aider un patineur en difficulté.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.