Soir d'entraînement, il pleut sur la pelouse du stade Marcel-Rousseau. Pas d'excuse pour la quinzaine de joueurs du FC Rocquancourt, il y a une place de leader à conserver. Car le FCR, c'est avant tout "une histoire de potes de la génération 1998 qui se réunissent pour jouer au foot, dans la bonne humeur", explique Alexis Martin, joueur et capitaine. Ce club de Départemental 4, niché dans un village d'un millier d'habitants à 20 minutes de Caen, a fait le buzz en septembre dernier grâce à son maillot vintage et une communication digne d'un club professionnel. Cité comme "le club le plus stylé de France" par les médias spécialisés de football, les "Reds", surnom utilisé par le club anglais de Liverpool, ont déjà vendu plus de 200 maillots en France et à l'étranger.
Des petites mains passionnées
Ici, on retrouve l'art du football de campagne : un club house digne d'accueillir la troisième mi-temps, une serpillière en guise de paillasson, la corvée du vestiaire mais surtout des bénévoles acharnés, qui ne comptent pas leur temps pour l'amour du club. Florence Bassenko, qui a repris la présidence dans les années 2000, n'aurait pas imaginé vivre une telle aventure 24 ans plus tard. "Aucun de nous n'a vu la chose arriver. On a eu de belles années jusqu'en PH mais là, c'est le summum, on a des stars !, sourit celle qui s'occupe de la paperasse et surtout de la buvette. Il faut bien nourrir ceux qui meurent de faim après le match." Son fils, Kévin, est secrétaire. Impossible d'oublier Jean-Michel Martin, dit "Jean-Mimi". Lui, c'est un peu l'homme à tout faire, le véritable couteau suisse d'un club amateur. Intendant, homme de ménage, deuxième gardien… il est toujours aux petits soins des joueurs et, bien sûr, des maillots, chers à ses yeux. "Je les nettoie, les plie et surtout, j'en prends soin. Les garçons sont exigeants, plaisante-t-il. Evidemment, ils ont tous un numéro fétiche." Peu importe le niveau de jeu, le maillot compte pour ces mordus du ballon rond. Vous l'aurez compris, la réussite du club tient de l'investissement sans faille des bénévoles. Axel Chauvierre, patron de l'agence Doki Doki, a été le directeur artistique et chargé de communication. Ce maillot unique a fait sensation pour faire connaître le FCR au-delà des frontières du Calvados. L'écusson a été totalement revisité "pour mettre en avant l'histoire du club qui fait écho à tout le monde". Puis, c'est tout un merchandising qui s'est développé : casquette, serviette, t-shirt et même… un puzzle ! "On voulait valoriser le football amateur par un levier purement esthétique" explique-t-il. Recette gagnante. Le club a été sollicité par une avalanche de médias, du nôtre jusqu'à M6. "Au départ, ce qu'on voulait, c'était reconnecter le club avec les habitants de Rocquancourt. On a reçu beaucoup de messages pour nous dire que l'on avait ouvert des portes au monde amateur", dit-il, fier du projet. L'essor a été grandiose, si bien que la vie professionnelle a parfois été bousculée ou que le salon d'Axel s'est transformé en une plateforme de livraison. On fait avec les moyens du bord. Par ailleurs, les bénévoles ne manquent pas d'idées. Une collaboration avec une association solidaire est dans les cartons. En guise de passe décisive, un maillot domicile va voir le jour. Sans tout dévoiler, il s'agira d'une pièce "à dominante rouge en édition limitée", baptisé Unité. "Il y aura quelque chose de jamais vu dans le monde des maillots", sourit Axel. Le FC Rocquancourt devrait encore une fois nous surprendre…
Un voyage à Bologne pour rencontrer l'équipementier Macron
Le FC Rocquancourt a été invité par son équipementier Macron, en Italie. Un voyage au cours duquel le maillot vintage du FCR n'est pas passé inaperçu. On vous raconte l'histoire.
Dans cette belle aventure, le FC Rocquancourt a même été reçu par leur équipementier Macron à Bologne, en Italie. Par le biais d'un simple mail expliquant la ferveur autour du maillot vintage, Axel Chauvierre a décroché une visite des usines de la marque du 17 au 19 novembre dernier avec Théo Hamel, le photographe en chef, Théo Dufour, collègue de l'agence de communication Doki Doki, et Baptiste Eudes, un ami qui parle italien couramment. "C'était une petite ville dans la ville. Ils habillent des clubs comme Crystal Palace ou encore la Real Sociedad, savoure Théo Hamel. On a été marqués par leur professionnalisme. On a été accueillis comme un club professionnel."
Alors, quitte à partir en Italie, autant y aller avec des maillots du "FCR". "On a essayé de faire vivre le maillot dans la ville, ajoute Théo. Un midi, dans un restaurant typique, on a fait poser le gérant. Après le shooting, il ne voulait plus nous rendre le maillot !" Heureusement, les quatre mousquetaires ont pu le récupérer.
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