Il a suffi d'une lettre postée, sans être timbrée, par une main anonyme, puis deux, puis trois, puis exactement 47, le nombre d'élus que compte la Ville de Vire, sans compter celles adressées à d'autres, le plus souvent des agents de la municipalité, pour mettre le feu aux poudres. Qui est donc celui ou celle qui passe son temps à déverser son courroux sur les élus, les traitant de noms d'oiseaux ? L'adresse du destinataire est dactylographiée sur l'enveloppe, envoyée soit en mairie, soit à domicile. C'est la même lettre pour tout le monde. Avec en bas de page et en guise de menace le dessin photocopié d'un cercueil !
Le maire visé : "C'est un bouffon"
Ici, le corbeau prétend qu'untel est un "voyeur" habitué de promenades au bord du lac de la Dathée pour se rincer l'œil, là qu'un autre "n'aime que l'argent" ou qu'un de ses collègues "a de grosses casseroles à son actif", soupçonné, ni plus ni moins, de "prise d'intérêt". Et cible principale du courrier maléfique qui a inondé la ville : le maire en personne. Marc Andreu Sabater est clairement visé par le corbeau qui y va franco : "C'est un bouffon, on dirait un clochard."
Le sujet qui circulait jusqu'alors sous le manteau et sous la forme d'une rumeur bruissante depuis l'envoi des premiers courriers au début de cette année a été abordé tout récemment à huis clos, en conseil municipal, à la demande d'un élu d'opposition : Serge Couasnon, journaliste à la retraite, s'y connaît mieux que personne en écrit. Sa plume est bien connue, elle a été longtemps appréciée des Virois.
Le maire, lui, a décidé de porter plainte, non pas au titre de la Ville mais en son nom propre. Très peu d'élus ont fait comme lui, la plupart se sont abstenus. Une raison toute simple : le plus souvent, ils n'avaient même pas eu connaissance du courrier qui leur avait pourtant été adressé en mairie, puisque la gendarmerie avait saisi la plupart des lettres avant même qu'elles soient distribuées aux intéressés. Une autre raison : ceux chez qui le facteur s'est rendu n'ont bien souvent pas accepté le courrier qui n'était pas affranchi ! Le corbeau est pingre, il n'a pas timbré ses courriers.
"Si ce qui est écrit est vrai…"
Serge Couasnon, qui a mis les pieds dans le plat, nous montre une copie de la lettre qu'il a lui-même reçue. Il est cité dedans, mais pas égratigné. Même mansuétude dans les écrits anonymes pour ses collègues d'opposition. C'est à la majorité municipale que le corbeau en veut, visiblement. De là à penser que l'ancien journaliste aurait pu être à l'origine de tout cela, il n'y a qu'un pas que certains de ses adversaires politiques ont voulu franchir. Serge Couasnon en sourit mais n'en pense pas moins, persuadé pour sa part que ces lettres anonymes qui font parler le Landerneau local sont le reflet d'une ambiance municipale de plus en plus tendue et d'une "vraie souffrance".
Comment cela ? "Cette lettre est signée de 'familles mécontentes' qui expriment une souffrance, une frustration à l'égard des élus. Elles mériteraient d'être écoutées. Tout cela s'inscrit dans la vague de mécontentements qui a explosé depuis l'annonce de la fermeture du collège du Val de Vire. Il y a dans ces lettres des faits graves qui sont dénoncés, qui mériteraient pour le moins d'être vérifiés et sur lesquels une enquête de gendarmerie pourrait être menée. Si ce qui est écrit est vrai, certains faits relèvent du pénal !", n'hésite pas à dire Serge Couasnon.
Installé à Vire depuis 1991, l'ancien journaliste n'avait encore jamais connu cela. "Les mandats précédents, que ce soit avec Olivier Stirn ou Jean-Yves Cousin, se déroulaient sans accroc." Là, c'est visiblement tout le contraire.
Nous avons sollicité le maire pour qu'il nous donne son sentiment. Marc Andreu Sabater n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations.
En ville, le corbeau continue de croasser, un oiseau de mauvais augure…
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