Le 24 juin 1991, Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans la cave de sa maison de Mougins. Sur une porte, les policiers découvrent l’inscription “Omar m’a tuer” écrite avec son sang. Justement, le jardinier de la victime s’appelle Omar. Le lendemain, la police vient l’arrêter chez lui, devant sa femme et ses enfants. Mais Omar Raddad, un Marocain, parle très mal le français et il a bien du mal à comprendre ce qui lui arrive. De toute manière, la police tient un coupable et le présente au juge.
En 1994, Omar Raddad est reconnu coupable et condamné à dix-huit ans de prison. Pierre-Emmanuel Vaugrenard, écrivain, est scandalisé par ce qu’il considère comme une injustice et il décide de se rendre à Nice, pour mener son enquête et écrire un livre sur le sujet.
Nul n’a oublié ce tragique fait divers ni le retentissement du livre de Jean-Marie Rouart, alias Pierre-Emmanuel Vaugrenard dans le film. Pour son second film comme réalisateur, Roschdy Zem, convaincu de l’innocence d’Omar Raddad, réalise un plaidoyer en faveur de celui-ci, sans l’ombre d’un doute ni d’une nuance. Par exemple, il ne s’intéresse guère à cette fameuse faute de français (“Omar m’a tuer”), régulièrement commise par Madame Marchal, qui confondait souvent participe passé et infinitif, comme l’atteste plusieurs de ses lettres. Mais le film, qui met en parallèle l’histoire d’Omar Raddad et l’enquête menée par l’écrivain, est très prenant, d’autant que l’interprétation est sensationnelle. Sami Bouajila, qui ressemble à s’y méprendre au vrai Omar Raddad, fait une composition impressionnante et confirme, avec ce film, son immense talent. Denis Podalydès, lui, déçoit un peu dans son personnage d’enquêteur brouillon, tandis que Maurice Bénichou semble beaucoup s’amuser dans la peau de Maître Vergès. Il reste que, si l’on passe un bon moment, avec ce film bien ficelé, le mystère de cette étrange affaire reste entier, et les questions posées demeurent sans réponse.
Qui a tué Ghislaine Marchal et pourquoi ? S’il était innocent, pourquoi la police et la justice se sont-elles acharnées sur Omar Raddad ? Pourquoi depuis qu’il a été gracié n’a-t-il jamais pu obtenir la révision de son procès ? Car on l’oublie un peu vite mais, pour la justice française, Omar Raddad, malgré la grâce présidentielle, est toujours considéré comme l’assassin de Ghislaine Marchal.
Drame français (2011) de Roschdy Zem, avec Sami Bouajila (Omar Raddad), Denis Podalydès (Pierre-Emmanuel Vaugrenard), Maurice Bénichou (Jacques Vergès), Salomé Stévenin (Maud), Nozha Kouadra (Latifa Raddad), Ludovic Berthillot (Enrique), (1 h 25).
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