Ce sont des méfaits qui mobilisent particulièrement les services de police et de la justice sur le ressort du tribunal de Dieppe. Les cas de violences intrafamiliales, qui concernent en majorité les violences faites aux femmes, représentent 30 % des gardes à vue et 40 % des déferrements.
Et si la parole s'est libérée, Étienne Thieffry, le procureur de la République de Dieppe, passe à la vitesse supérieure en créant une nouvelle permanence pour recueillir la parole des victimes. "Il reste une partie de justiciables qui n'osent pas faire la démarche. Elles peuvent avoir peur de la réaction du conjoint et s'autocensurer. L'objectif est d'ouvrir une fenêtre supplémentaire pour les victimes et leur dire que c'est possible d'avoir un premier contact avec la justice."
Comment solliciter la nouvelle permanence ?
Étienne Thieffry rappelle que la loi prévoit que toute personne peut s'adresser au procureur pour déposer plainte. Ceci peut se faire par courrier, par messagerie électronique à accueil1.tj-dieppe@justice.fr, par téléphone au 02 32 14 64 00 ou par un message sur Twitter en message privé sur le compte @ProcureurDieppe. "Le but, c'est de multiplier les possibilités de contacts et de faciliter pour certaines victimes le fait de signaler les faits et de déposer plainte. Ça devient simple comme envoyer un message sur les réseaux."
Le procureur proposera ensuite un rendez-vous pour recueillir la parole et envisager l'ouverture d'une enquête, "si ce sont bien des faits à caractère pénal". Mais le magistrat insiste : il s'agit bien d'un moyen supplémentaire, "qui ne remplace pas un appel au 17 en cas d'urgence".
À la fin de l'année, un bilan de l'action de cette permanence sera tiré par les services, qui envisagent aussi des rendez-vous délocalisés sur le vaste territoire du ressort du tribunal de Dieppe pour aller à la rencontre des victimes qui en auraient besoin.
Quant à la charge de travail supplémentaire que cela entraîne pour le parquet, Étienne Thieffry l'assume pleinement. "La prise en charge des violences intrafamiliales, la lutte contre les violences conjugales est une priorité du parquet. J'assume d'être à la recherche de nouveaux dossiers. C'est tendre la main aux victimes. Tant pis si ça fait plus de travail. Ne rien laisser passer, c'est une priorité."
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