Inspirée par la découverte fortuite d'objets ayant appartenu à une femme décédée en 2012, l'exposition Madeleine Project établit des liens entre petite et grande histoire. Détails avec Juliette Fortunato, chargée des collections de Muséoseine.
Comment est née cette exposition ?
C'est en 2019 que la journaliste Clara Beaudoux, en partenariat avec le Musée d'histoire de la vie quotidienne de Saint-Martin-en-Campagne, imagine cette exposition, qui permet aux visiteurs de découvrir Madeleine à travers les objets qui furent les siens. Tout commence, pour Clara, en 2015, lorsqu'elle découvre par hasard dans la cave du logement parisien qu'elle louait une somme considérable de souvenirs d'une certaine Madeleine. Toutes les affaires d'une vie y étaient soigneusement rangées et archivées : des objets usuels aux objets sentimentaux. En exhumant tout cela, Clara découvre alors en filigrane l'histoire de cette femme.
Comment s'organise l'exposition ?
L'exposition s'ouvre avec une vitrine contenant les chaussures et le manteau de Madeleine, pour bien faire comprendre que ce sont ses possessions qui vont raconter cette femme. On y découvre sa boîte à couture, ses cartes postales, les souvenirs de son amoureux Loulou, des films amateurs tournés dans les années 50 lorsqu'elle était animatrice en colonie de vacances, des souvenirs de voyages ou encore son matériel d'enseignante précieusement conservé. L'expo s'achève par une reconstitution de la cave dont les murs sont placardés de ses photos. C'est donc une véritable enquête à laquelle nous convie Clara. Les animations destinées aux enfants dans le cadre de l'exposition reprennent d'ailleurs cette formule : dans "Trou de mémoire" pour les 3-5 ans comme dans "Trac à la rédac" pour les 7-12 ans, il s'agira de reconstituer l'histoire de Madeleine en analysant ses objets comme des indices. L'exposition se prête particulièrement bien aux jeux de piste.
Comment l'histoire individuelle
fait-elle écho à la grande histoire ?
Cette percée dans l'intime s'effectue par la présentation d'objets de la vie quotidienne, comme les ustensiles de cuisine. Ces objets, apparemment banals, acquièrent en fait une valeur patrimoniale car ils racontent indirectement l'évolution de la société. Certains objets évoquent les étapes majeures de la grande histoire du XXe siècle, notamment les guerres, via un briquet gravé par un Poilu ou des tickets de rationnement. Madeleine garde cependant de nombreux mystères : cette exposition raconte sa vie tout en respectant sa vie privée, on ne connaît pas son patronyme et les documents les plus personnels ont volontairement été caviardés par Clara, de manière à faire de Madeleine une madame Tout-le-monde, en qui chacun peut projeter l'image d'une vieille tante ou d'une grand-mère. Son individualité a tendance donc à se fondre au bénéfice de la mémoire collective.
Pratique. Du 1er février au 30 avril à Muséoseine, à Rives-en-Seine. Du mardi au dimanche de 13 heures à 18 h 30. Exposition gratuite. Plus d'infos sur museoseine.fr.
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