Doriane Remicourt et David Laye se connaissent bien, ils travaillent ensemble à l'AS Cherbourg. Le Cherbourgeois, arrivé en 1993 en tant que joueur avant de prendre la casquette d'éducateur au club au début des années 2000, est un "multi tâches". En plus de coacher plusieurs équipes du club, il est l'entraîneur des féminines en Régional 1, dont Doriane Remicourt, de Bricquebec, est la capitaine. La jeune femme de 26 ans a intégré les rangs de l'AS Cherbourg en 2015, après quelques années en sports études à Caen et deux années à Saint-Lô. Milieu de terrain, la n° 10, également coach de plusieurs équipes, est indispensable : "Doriane est technicienne, combattive et meneuse d'un groupe, elle a toutes les armes pour jouer un niveau au-dessus", souligne David Laye. En championnat, l'équipe effectue une bonne entame de saison avec sept matchs sans défaite et se trouve deuxième au classement derrière Caen. Les joueuses ont malheureusement été sorties aux tirs au but en Coupe de France le 20 novembre, face à Angers. "Nous avons un bon groupe, nous nous connaissons depuis longtemps, nous nous côtoyons même à l'extérieur", confie Doriane.
"Il y a encore quelques machos"
Grâce à Doriane, le football féminin s'est développé dans le nord-Cotentin. Bien plus qu'une joueuse et une battante, cette éducatrice tout terrain a commencé très jeune, à 6-7 ans, "ce sport destiné aux mecs" comme on lui a souvent répété, et ce malgré l'inquiétude de ses parents. C'était au Groupement rural des châteaux (GRDC), qui rassemble les clubs de Bricquebec, Brix et Sottevast-Saint-Joseph. Mais Doriane n'était pas de trop sur le terrain des hommes, bien au contraire. Elle ne se laissait pas faire pour obtenir ce qu'elle voulait. À 15 ans, la mixité n'existait plus dans les équipes, et Doriane a décidé de rejoindre pour un an Cherbourg.
Revenue en 2015 donc, la joueuse ne regrette pas tout le chemin accompli. "La section féminine prend de l'ampleur", dit-elle. Des équipes jeunes ont vu le jour depuis son arrivée. "Nous sommes à 80 licenciées, nous avions débuté à une petite trentaine, c'est encourageant. La porte n'est pas fermée, et des féminines peuvent nous rejoindre. Nous nous entraînons sur le même stade que les hommes, il n'y a pas de différence." Elle reconnaît une évolution "positive" dans ce sport par rapport aux filles : "Il y a encore du travail avec quelques machos (sourires), mais il y a du respect."
La Coupe du monde intéresse-t-elle les filles ?
Les féminines suivent la Coupe du monde masculine de football.
Le Mondial masculin de football au Qatar sera-t-il suivi par les filles ? "Je vais regarder la Coupe du monde, notamment les matchs de l'équipe de France, mais la compétition est différente que les précédentes pour plusieurs raisons [violations des droits humains, environnement, hiver…]", indique Doriane Remicourt. En temps normal, la capitaine de l'équipe seniors féminines de l'AS Cherbourg ne regarde pas trop la télévision, uniquement quand la France joue, que ce soit chez les hommes ou les femmes. "Mon joueur préféré s'appelle Antoine Griezmann", confie-t-elle. Selon David Laye, "ce ne sera pas possible de regarder tous les matchs, dont certains ont lieu en journée". Par ailleurs, la Ville de Cherbourg-en-Cotentin ne diffusera aucun match sur écran géant. "Les violations des droits humains lors de la construction des stades au Qatar et l'aberration écologique qu'ils représentent disqualifient cet événement, justifiait mardi 4 octobre le maire de Cherbourg-en-Cotentin Benoît Arrivé. La Ville ne souhaite donc y être associée d'aucune manière."
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