65 nouveaux internes prennent leurs quartiers à l'hôpital Mémorial de Saint-Lô. Ils viennent d'arriver pour un semestre. 19 sont en médecine générale et 31 dans des spécialités comme la chirurgie ou la réanimation. Ils sont là pour se former pendant un semestre. Saint-Lô est une bonne destination pour eux, reconnue chez les internes du CHU de Caen.
Certains viennent de Normandie. D'autres, de plus loin : "Je suis de Polynésie", explique Téva Delucca. Ce qui l'a poussé à demander Saint-Lô ? "Principalement après ce que j'ai entendu dire auprès de mes co-internes de l'hôpital, comme quoi c'était un très bon stage. On peut bien s'y former", répond le jeune homme.
La cadre de vie comme critère de choix
Emile Jacquelin arrive de Paris. "Je trouvais le coin très très joli", assure-t-il comme un de ses principaux critères de choix. Mais ce n'est pas le seul : il y a le cadre de vie. "Le fait d'avoir un peu tout à proximité, notamment du côté de Caen, du côté de Saint-Lô, d'avoir les principaux commerces, les lycées, les écoles pour envisager une vie de famille", précise-t-il. Il pense même, pourquoi pas, s'installer à terme dans la Manche ! "S'il y a des incitations qui sont intéressantes, je pourrai m'installer en cabinet de médecine générale." Le côté financier compte. La situation du département, en manque de médecins, inciterait également certains à venir, comme Emile, qui évoque même "le Far West, une conquête de l'ouest", en souriant. Il se sentira en tout plus utile en tant que médecin de campagne qu'à Paris, "où on est tous installés à 15 m les uns des autres".
L'hôpital souhaite transformer l'essai après l'internat et embaucher ou proposer des postes en libéral aux internes à la fin d'étude. "La question de fidélisation est vraiment au cœur des dispositifs nationaux", explique la directrice adjointe chargée des affaires médicales, Laure Salles. Elle travaille beaucoup avec le Département de la Manche pour attirer des praticiens, et ça commence dès l'internat. Attirer, ça passe par avoir accès à de nombreuses spécialités médicales aussi.
Ils ne veulent pas de la 4e année en internat
Pour les 19 internes en médecine générale, le projet du gouvernement d'imposer une quatrième année d'internat n'est pas le bon.
La formation pour devenir médecin est longue. En médecine générale, l'internat dure actuellement 3 ans. Il pourrait se rallonger. Le gouvernement réfléchit à imposer une quatrième année d'internat, officiellement pour "renforcer la professionnalisation des étudiants en médecine générale". Concrètement, elle se ferait "prioritairement dans les zones sous-denses en médecins généralistes", donc dans les déserts médicaux, selon le site du gouvernement. Un projet de loi qui ne plaît pas vraiment aux étudiants. "Il y a une vie de famille qui peut être envisageable à terme, ou on a envie de rester à proximité de domaines attractifs comme les soirées ou les musées. L'attractivité de la majorité des communes n'est plus là", estime Emile Jacquelin, interne. Il ajoute : "La quatrième année d'internat, je ne suis pas pour actuellement."
Une absence d'encadrement
Yasmine Bakir n'est pas opposée en soi à une autre année de professionnalisation, mais pas dans les conditions actuelles du texte de loi. "Ce qui est surtout dommage, à mon sens, c'est qu'au vu du projet, ça serait plutôt une quatrième année sans encadrement, ou on prendrait des jeunes médecins à peine diplômés pour aller les mettre juste pour combler les trous. Ils seraient livrés à eux-mêmes sans encadrement donc en ça, je trouve que c'est une mauvaise idée."
Le texte a été transmis à l'Assemblée nationale par le Sénat. Les députés n'ont pas encore travaillé sur le dossier.
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